Pourquoi s'intéresser à son Inconscient est de la plus haute importance ? Ou que veut dire : "Connais-toi toi-même ?"

Quand je dis plume
Tu penses à quoi ?
plume de stylo ?
plume de poule ?
Quelle stupide question !
Ah ! bon...
Mais que m'importe
Moi je pense à tout
avec plume…
Je peux aller très loin :
C'est tellement plein.
Plume … plume
Plume tu me plais !
Élisabeth Boquet.
(Oct 70)
J'allais avoir 20 ans lorsque j'ai écrit ce poème. J'avais pris l'habitude d'exprimer ma souffrance de façon poétique n'ayant pas encore pu être plus directe puisque mon entourage familial ne me le permettait pas !
Bien que n'étant pas consciente de la cause de mes problèmes physiques et moraux, ni encore capable de me libérer du dysfonctionnement de mes parents je cherchais le sens de la vie, je me posais beaucoup de questions mais la révolte qui aurait été légitime vu ce qu'on me faisait vivre était inhibée par les expériences en partie positives que j'avais eues jusqu'à mes 15 ans.
Il aura fallu “un coup fatal” pour que je “tombe” et ne reste plus entre deux eaux ! Là j'avais enfin compris qu'il fallait que je sauve ma peau et que j'échappe à la non-vie à laquelle on m'avait condamnée ! J'ai connu plusieurs années d'errance avant de trouver le psychanalyste qui m'a patiemment aidée à réparer le ressort cassé !
Si j'étais arrivée chez lui avec la connaissance “intellectuelle” de ce qui m'avait détruite il fallait que j'accède à ma vie émotionnelle !
Ça, c'est une autre affaire !
En fait je n'avais jamais pu exprimer d'émotions ! Ce qui m'a valu d'avoir de l'asthme jusqu'à temps que je le rencontre : enfin quelqu'un qui me comprenait ! J'avais 30 ans ! Avec lui je me sentais en sécurité pour revivre émotionnellement mon histoire…
En effet la compréhension intellectuelle ne peut faire taire le symptôme. C'est un premier pas mais sans le ressenti émotionnel c'est un piège : On croit avoir compris et pouvoir mener notre vie ainsi : on ne voit pas où est le problème !
Pourtant, quelque chose de moi, de très important m'échappe ! C'est là que je peux être tenté d'accuser quelqu'un d'être la cause de mes tourments et difficultés !
C'est donc ça apprendre à se connaître : faire l'expérience - même à retardement - des émotions que j'avais dû refouler faute d'un environnement capable de les accepter !
Ce qui est extraordinaire c'est que ce qu'on a refoulé n'est pas mort, seulement endormi. Nous pouvons donc retrouver ce dont on nous a privé, ce qui nous a amputé et bloqué !
Nous avons maintenant le droit de parler, de pleurer, de crier. Nous n'avons plus à nous adapter pour tenter de convenir ou parce que nous nous sentons responsables du bien-être de nos parents et même… Coupables de leur causer du souci !
Je crois que bon nombre de personnes ne se rendent pas compte qu'elles ont au fond d'elles un sentiment de culpabilité refoulée ! Et que ça explique pourquoi autant de personnes ne veulent pas se sentir responsables de leur vie : la culpabilité n'est pas loin !
Cette confusion entre responsabilité et culpabilité a beaucoup de conséquences négatives.
Par exemple, des parents refusent de se remettre en cause parce qu'ils sentent aussitôt affleurer un sentiment de culpabilité qu'ils veulent immédiatement repousser pour qu'il ne vienne pas les perturber !
Oui, on peut regretter nos erreurs mais il ne faut pas s'en sentir coupable car en général on ne les commet pas volontairement, pour faire du mal gratuitement, mais par ignorance, incapacité, ou poussé par une motivation qu'on ignore : une souffrance infantile refoulée mais opérante qui s'exprime alors indirectement dans une situation actuelle : la menace de ne pas être un bon garçon ou une bonne fille reconnu par ses parents si je ne me comporte pas selon leur logique - et ce, même s'ils sont morts !
Parce que nous gardons nos parents en nous (à côté de l'enfant qui reste aussi en nous) jusqu’à notre mort.
Tout ceci se fait malheureusement automatiquement pour beaucoup de personnes - ce qui les empêche d'avoir une prise sur leur vie.
Cette compulsion de répétition est comme une prison à vie.
Pour en sortir il faut accepter d'accueillir l'enfant en nous, affronter ses blessures et ses émotions.
Alors plus besoin de rester enfermé dans une logique implacable, plus de culpabilité !
J'accepte mon histoire, je me comprends, je ne me juge pas, j'ai de la bienveillance pour moi alors je peux reconnaître mes erreurs au lieu de les perpétuer à vie ! “Se connaître”, c'est “apprendre à se connaître” car on peut à tout âge découvrir de nouveaux aspects de nous-même.
Se connaître suppose qu'on reconnaisse en nous une “instance” qui nous échappe parfois… Comme le prouvent nos rêves qui, si nous y donnons du sens (ce qu'il faudrait !) nous en donnent la preuve : nous y exprimons ce que nous ne nous sommes pas avoué, ou que nous n'avons pas compris clairement !
Notre Inconscient est plus intelligent que notre conscient ! Plus vrai - plus en accord avec notre Moi profond.
Lorsqu’on se prend en charge, qu'on est actif, bien réveillé, qu'on ne se contente pas de répéter des lieux communs, qu'on se pose des questions… On devient responsable (non coupable !) et on n'est pas enclin à se décharger de ce qui nous dérange sur un bouc émissaire…
Malheureusement, comme le dit très justement G. Devroede : “Il y a deux sortes de personnes : celles qui savent qu'elles ont un inconscient et celles qui croient qu'elles sont ce qu'elles sont”.
Alors nous ne parlons pas le même langage et les incompréhensions provoquent des drames :
En écrivant ce texte sur les malentendus liés aux différents niveaux de langage : conscients ou inconscients j'ai pensé à ce poème que j'ai écrit il y a très longtemps !
J'avais compris intuitivement sans pouvoir me faire confiance à l'époque que j'avais la capacité de rêver, de donner du sens, de la dimension aux choses là où mon entourage n'était que rationnel, raisonnable, terre à terre !
Je croyais à un Espace subjectif source de vie riche alors qu'on m'enfermait dans un espace étroit qui me faisait étouffer !
J'avais raison !
Mais il m'a fallu de l'aide, un guide, un allié pour me donner la force d'assumer ma différence !
Je ne cesserai de le répéter : l'Inconscient est une réalité psychique, non seulement pour les spécialistes “psy” mais pour chacun de nous !
Ce n'est qu'en en tenant compte qu'on pourra arriver à une meilleure compréhension de la souffrance infantile refoulée et de ses conséquences désastreuses, au niveau familial et social.
La plupart des gens n'ont pas inclus leur inconscient dans leur personne, et encore moins cherché à comprendre son fonctionnement !
C'est un mot vide de sens ou porteur de clichés péjoratifs alors que c'est une “boîte à trésors”.
Je vous souhaite vraiment d'aller l'ouvrir !
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