Comme une enquête

Élisabeth Bocquet • 21 avril 2026

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Personne tenant une loupe sur un œil sur fond gris

À la recherche de Votre « Vrai Moi » Pourquoi Vrai ?


Y aurait-il un « Faux Moi » ?


Les Peurs


Les adultes ont souvent oublié l’origine de leurs peurs et pire, parfois, ils ne se rendent même pas compte qu’ils ont peur tant ils y sont habitués !


De quoi a besoin un enfant pour construire un Vrai Moi ?


D’être rassuré à chaque étape de son évolution La peur est inhérente à la condition humaine ! Si elle n’est pas traitée au fur et à mesure elle s‘accumule, provoquant de plus en plus d’inhibitions et de distorsions…


Si les parents sont suffisamment libérés de leurs propres peurs ou en sont suffisamment conscients pour les gérer et ne pas les reporter sur leur enfant ils ne vont pas prendre les réactions émotionnelles (fortes à cet âge !) contre eux mais comme quelque chose de normal. Ils vont ainsi dédramatiser les peurs de leur enfant qui deviendra alors de plus en plus fort à chaque peur dépassée. En étant respecté il reçoit la validation nécessaire pour laisser libre cours à sa Spontanéité : il peut être lui-même, en accord avec ses émotions, il ne craint pas les représailles !


Si au contraire les parents n’ont pas vécu une expérience positive avec leurs propres parents, et surtout n’en sont pas conscients ils vont avoir comme référence une « logique familiale » étroite, rigide et obligeront leur enfant à s’y adapter pour continuer de convenir à leurs propres « parents intériorisés » Comme un enfant ne peut se donner raison sans l’approbation de ses parents il va progressivement renoncer à être lui-même dans l’espoir de leur convenir… Il se perd… Tout se complique, c’est la confusion ! Il va bricoler un « compromis » entre ses exigences internes et ce qu’il ressent des attentes de ses parents : il construit un « Faux Moi » avec toute sa cohorte de symptômes, physiques, psychologiques, moraux…


De quoi a besoin un adulte qui a connu cette expérience douloureuse ?


D’un avocat de l’âme !


C‘est-à-dire d’une personne qui a une vraie empathie pour l’enfant dans l’adulte, le voit innocent, comprend sa détresse et ses manques… Ce n’est pas quelqu’un qui moralise, qui juge, qui rationalise, mais quelqu’un qui ressent des émotions et permet donc à son patient d’en avoir ! C’est un véritable être humain, adulte, responsable, qui ne se réfugie pas derrière la morale, le conformisme, des théories, pour se protéger de sa souffrance refoulée dont son patient pourrait lui faire miroir… C’est un être humain vivant, libre, capable de se laisser surprendre… Avec qui vous pourrez trouver votre Vrai Moi.

Les postes récents

par Élisabeth Bocquet 21 mai 2026
Qu'est-ce qui prédomine dans notre psychisme - ce chef d'orchestre qui commande notre corps ? Ce qui prédomine ce sont les émotions : Positives ou Négatives, ressenties ou ignorées ! Pourquoi peut-on ignorer nos émotions, aller jusqu'à être alexithymique ? Parce qu'un Refoulement important a eu lieu dans notre enfance à un âge précoce. Pourquoi ce refoulement ? Parce que les conditions de notre environnement ne permettaient pas leur expression : l'enfant sent très bien les “impossibles” même s'ils ne lui sont pas formulés explicitement. Alors il s'adapte… Ce faisant, il ne peut pas faire l'expérience de lui-même ! Il est limité par les peurs et par l'ignorance de la vie : les adultes ne sont pas toujours des adultes mais il ne le sait pas ! Car la relation parent-enfant n’est pas égalitaire. Il fait beaucoup d'efforts pour manger le plat qu'on lui impose car il n'est pas en capacité d'en choisir un autre. Il est d'ailleurs persuadé qu'il doit l'accepter sinon il ne serait pas un “bon garçon” ou une “bonne fille” ! Et il risquerait le rejet ! Cette adaptation le structure sans sa participation : Ce n'est pas un choix de s'adapter, c'est une question de survie ! D'ailleurs que peut un enfant dépendant sur tous les plans lorsque ses parents ne comprennent pas ses besoins et ne sont pas capables de l'aider à se construire par une vraie présence aimante ? Un clivage s'opère alors entre ses besoins, qui bien que ne pouvant se dire ni même se penser, le tiraillent, et l'obligation de s'adapter aux frustrations pour convenir et ne pas subir trop de représailles ! Plus la réalité est féroce et dure ou s'éloigne de ses besoins fondamentaux : être perçu pour ce qu'il est (en devenir…) y compris dans sa sexuation, moins un enfant peut s'exprimer. Il apprend l'inhibition, la résignation, la suradaptation mais aussi que c'est Normal ! C'est ça la Vie ! Il joue le rôle qu'on lui a attribué ! Et ce rôle lui collera à la peau ! Le problème alors c'est que, n'ayant jamais ressenti ouvertement ses émotions porteuses de souffrance , il ne peut avoir de sens critique. Et ouvrir les yeux sur la vérité de ses parents et de ses frustrations ! Il développe alors une mauvaise image de lui-même : c’est lui qui est nul et non ses parents qui sont défaillants. Pour faire taire la honte qu’il en éprouve il se fabrique une carapace, il s’endurcit. N’étant plus à l'écoute de lui-même il se fabrique un “Faux Moi” grâce à des décisions qui viendront de sa tête et non de son cœur. Un système de fausses motivations se met en place qui régiront désormais son monde dans une tentative de tout contrôler afin de ne pas ressentir l'insupportable : le manque d'Amour et de Valorisation ! Ainsi il s'est perdu ! Il n'a pas pu faire l'expérience de sa Vérité ! Il se fabrique une image de lui tant bien que mal (certains y arrivent plus que d'autres !) pour cacher ses complexes dont il n'a pas compris l'origine ! Le manque de force l’a contraint au mensonge ! L'Ignorance de sa cause le condamne à un effort à perpétuité pour contenir ce qu'il croit être inacceptable de sa personne ! Une distorsion s'est produite. Désormais il verra le monde à travers le prisme de son expérience personnelle : sa logique familiale et ce qu'elle a eu comme conséquence sur sa construction et l'image de lui-même : en effet ce sont les “messages” reçus (ou leur absence) qui façonnent l’enfant en devenir. Ainsi que la vision du monde de ses parents ! Sa Réalité d'enfant conditionne ainsi sa vie d'adulte ! Parce qu'il n'a pu ressentir des affects pourtant justifiés. Il a complètement oublié le mal-être qui l'a amené au refoulement. Ne partant pas de sa base, de sa Vérité émotionnelle, il utilise ses capacités intellectuelles pour gérer sa vie ! Or l'intellect ne représente pas la Vraie Vie, il joue avec la vie sans en avoir ressenti l'essence ! Par exemple une personne peut faire une activité artistique de façon mécanique sans s’engager avec sa sensibilité. Une personne peut aimer un livre alors qu’elle n’en a retenu que la forme, pas le fond, pas son sens profond. Tout est possible avec l'intellect : c'est facile de manier des idées ! C'est beaucoup plus difficile d'être présent émotionnellement car alors tout est plus subtil, complexe et on ne peut pas tout ! Par contre lorsqu'on tient compte de nos émotions nous avons une Vraie Force car nous ne sommes pas contraints à un effort permanent pour ordonner le monde et les autres en fonction de nos peurs et de nos besoins jadis négligés ! Nous nous appuyons sur du solide : notre ressenti qui nous donne des vraies convictions. En nous acceptant nous-même, nous pouvons accepter les autres tels qu'ils sont sans exiger d’eux qu'ils s'adaptent à notre vision (déformée !) du monde ! La souplesse remplace la rigidité - la tolérance remplace les jugements. L'empathie humanise alors les relations ! Permet les relations ! Mais on ne peut pas donner à l'Autre ce qu'on ne se donne pas à soi-même ! D'où l'importance de se connaître, c'est-à-dire de savoir d'où nous venons, ce qui nous a manqué, ce qui nous a blessés, ce qui nous a traumatisés… Et cette connaissance doit être émotionnelle, sinon ce n'est pas une vraie connaissance ! C'est-à-dire que nous devons être capables de pleurer, d'être en colère… De faire un retour en arrière pour aller chercher notre enfant intérieur là où nous l'avons laissé par force des choses ! Ainsi nous serons vraiment forts mais pas autoritaires (vis-à-vis de nous et des autres !) Car qui a affronté sa souffrance ne peut plus être la proie des autres ! De leurs transferts et projections… Celui qui a affronté sa souffrance est libre car il n'est plus contraint à se cacher ! Il a compris ce qu'enfant il avait dû endurer et au lieu de s’en attribuer la faute il est capable de comprendre qu'on ne lui a pas fourni les “bons ingrédients” et qu'il n'y était pour Rien ! Alors plus de Honte ! Si quelqu'un a vécu “suffisamment” de bonnes choses on pourra l'aider assez facilement à ressentir et nommer progressivement ce qui l'a fait souffrir. De même quelqu'un qui a eu une histoire particulièrement cruelle car il a ressenti la douleur… Par contre si quelqu'un n’a vécu ni suffisamment de “bonnes choses” ni de choses particulièrement insupportables, inacceptables, c'est beaucoup plus difficile de l'aider à accéder à ses émotions, donc à sa vérité car dans ces cas la personne affirme que tout s'est bien passé, qu'elle a eu une enfance heureuse ! Elle est alors incapable de se révolter et d'ouvrir une brèche dans la muraille qu'elle a érigée pour être en mesure de supporter ce qu'elle aurait dû éprouver comme douloureux mais qu'alors… Elle a refoulé subrepticement en toute inconscience - toutes les souffrances ne sont pas tapageuses ! (abus sexuels, maltraitances…) Et aujourd'hui elle a oublié son histoire d'enfant et ses drames ! Elle peut éventuellement les relater intellectuellement mais sans en être touchée émotionnellement, comme si elle relatait l’histoire d’un étranger ! C'est le genre de personne qui s'adapte bien socialement mais qui sur le plan intime est très handicapée, pas sentimentale, froide, pas donnante mais exigeante ! Elle peut être jugeante, directive, contrôlante car il faut que l'Autre s'adapte à ses besoins d'enfant… Cette personne emprisonne l'Autre autant qu'elle est en prison elle-même ! Elle ne pourra retrouver sa liberté qu'en recherchant ses émotions refoulées, en les accueillant avec beaucoup de bienveillance et en en tenant désormais compte dans sa vie. Ainsi, en partant de sa Base, elle assumera qui elle est, elle se réconciliera avec elle-même et s'aimera telle qu'elle est avec ses forces et ses fragilités. Ne pas être capable d'affronter la vérité de notre histoire avec toutes les émotions qu'elle recèle est une grande faiblesse ! Qui a des conséquences importantes, à graves ! L' esclavage psychologique auquel mène l'ignorance de notre Vrai Moi nous prive de la liberté d'Exister et de la jouissance de vivre ! Cette ignorance a également des répercussions sur notre santé physique : la tension permanente nécessaire pour faire taire ce qui nous habite se répercute sur notre corps qui tente alors d'exprimer ce que nous cachons ! Elisabeth Bocquet Psychanalyste à Dinard www.bocquet-elisabeth-psychanalyste.fr
par Élisabeth Bocquet 21 mai 2026
Nombreuses sont les personnes qui s’horrifient devant les violences relatées aux informations : coups de couteau, rapts avec amputations, explosifs, voitures béliers qui foncent dans la foule, tirs dans les écoles, viols, les guerres ! … Ces faits sont “tapageux”, extrêmes et la plupart de ces personnes ne seraient pas capables de commettre de telles atrocités ! Donc elles ne se croient pas violentes ! Mais à côté de la barbarie il y a la “violence ordinaire” - celle qui n'est pas détectable parce qu'elle se dissimule derrière une justification tellement incontestable : L'Autre est la cause de mes maux et mérite donc mes représailles ! Cette violence est pourtant la plus courante, la plus répandue, et on n’en parle pas ! Pourquoi ? Et de quelle violence s'agit-il ? D'abord je veux dire qu'elle prend racine dans l'enfance ! À des degrés différents bien sûr ! Les frustrations excessives de valorisation vont construire l'enfant de façon tordue. C'est-à-dire qu'il va voir le monde à travers le prisme de son expérience (c’est le cas aussi lorsque son expérience est positive). C'est-à-dire qu'à l'âge adulte il ne verra pas la Réalité, mais sa réalité ! Sa réalité qu'il a dû accepter comme telle, n'ayant pas d'autre référence que celle qu'on lui faisait vivre, ni les moyens de toute façon de réagir ! Cependant cette réalité qui aurait dû déclencher des affects en son temps a été enjolivée pour éviter d'être malheureux. Sans compter qu'un enfant pense presque toujours que c'est lui qui est inadapté et non la situation qu'on lui fait vivre ! Les affects qui auraient dû être ressentis douloureusement ont été anesthésiés et stockés, formant ce qu'on appelle l'inconscient . Où est le problème me direz-vous ? Si la personne a réussi à vivre malgré eux ? Eh bien le gros problème - cause de nombreux maux sur terre ! - Est que ces affects bien qu'endormis sont opérants ! Et d'autant plus si nous ne faisons pas connaissance avec notre inconscient (c'est-à-dire avec nos émotions refoulées !) Car alors nos réactions sont comme automatiques, déconnectées du présent, sans nuances et potentiellement violentes ! Le risque est grand de réagir “violemment” en toute “bonne conscience”. De quelle façon opèrent nos affects refoulés ? Grâce à une “ organisation ” psychique plus ou moins tordue, qu'on appelle névrotique , ils vont trouver dans les événements et relations actuels un exutoire . En quoi consiste cette organisation ? Coupées de leurs émotions de telles personnes vont, à cause de leurs affects refoulés mais toujours présents, se comporter dans la vie comme si elles étaient menacées de rejet, d'abandon, de trahison… De dévalorisation… Elles n'ont pas appris à faire confiance. Alors elles seront sur le pied de guerre plus que sur le registre de l'amour ! Peu sensibles, elles vont mener leur vie en utilisant les autres, plus qu'en les aimant, dans leur propre intérêt, afin de ne plus revivre les méfaits de leur histoire dont elles n'ont pas fait l'analyse et qui de ce fait ne s'arrête jamais : le Passé est toujours Présent ! L'Autre est un potentiel ennemi : je dois le contrôler ! En cas de résistance de sa part, j'aurai recours à une pression psychologique visant à le convaincre du “bien-fondé” de mes exigences ! Si je suis dans une relation affective avec une telle personne soit je serai amené à douter de moi, soit j'obtempérerai pour avoir la paix et finirai par fusionner avec elle, pouvant même devenir plus royaliste que le roi ! Si les deux y trouvent leur compte où est le problème me direz-vous ? Parce que si dans l'immédiat cela peut sembler fonctionner ce n'est pas sans amputer l'un et l'autre de la richesse de leur Vrai Moi ! Et cela peut mal finir ! … Le “ soumis ” ou le “ conciliant ” va peut-être se lasser ! Étouffé par cet écrasement qu'il a pourtant accepté et même justifié pendant longtemps il peut soudainement se révolter et avoir la force de s'affirmer, à l'occasion du “coup de trop” ! Ou simplement fatigué, épuisé de devoirs, fusionner avec l'autre pour éviter les conflits ! Ou bien il peut tomber malade : petits symptômes récurrents ou grave maladie qui se déclare car c'est très mauvais pour la santé de ne pas exister vraiment, de refouler la vraie personne que nous sommes, pour convenir et mériter d’être aimé ! Mais il y a un “autre moyen” de ne pas affronter nos tourments ou nos peurs, plus agressif encore : c'est d'accuser une personne, ou un peuple ou une ethnie d'en être la cause ! C'est le recours à un Bouc Émissaire ! Qui est le “bouc émissaire” - qu'a-t-il fait pour être désigné coupable ? Et à quoi sert-il ? Le bouc émissaire est dérangeant pour le plan de celui qui n'est pas honnête avec lui-même : même s'il ne fait strictement rien concrètement contre ce dernier il commet le crime de lui faire miroir de ce qu'il ne veut pas voir en lui ! Et ça c'est insupportable ! Au point de vouloir éliminer le miroir ! Car la personne qui refoule ses affects ne veut surtout pas y voir clair, elle veut juste avoir raison et compenser ses manques ! Elle ne veut plus de “bâton dans les roues” donc elle prend soin de discréditer et d'éloigner toute personne qui serait susceptible de la percer à jour ! Elle fait des “procès d'intention”. Et cela justifie sa haine et son rejet ! C'est pourquoi le “bouc émissaire” est désemparé. Il ne comprend rien aux accusations injustifiées qui ne correspondent pas à sa réalité mais qui appartiennent à celle de l'accusateur ! Car il faut du temps pour comprendre qu'on est dans cette situation, victime de l'inconscient de l'autre qui ne fait que renverser la situation : nous accuser de ses propres défauts ou projeter la mauvaise image qu'il a de lui sur nous ! Par exemple : Une personne qui a coutume de manipuler pour rallier l’autre à sa cause, va vous accuser d'être manipulateur… (et généralement par-derrière ! Elle ne vous le dira pas en face ! Vous comprenez pourquoi ?) Si elle n'a pas vraiment confiance en elle malgré des apparences trompeuses, elle va vous accuser de la rabaisser, de vous sentir supérieur ! Il y a deux façons d'être malhonnête avec soi-même et par conséquent avec les autres : une attitude passive consistant à fusionner avec celle qui est plus activement agressive et dont on craint les représailles. L'intérêt de ce mode de fonctionnement étant dans les deux cas de se débarrasser à bon compte d'une complexité émotionnelle dérangeante ! Que dissimule cette complexité émotionnelle ? Des ressentiments accumulés pendant le temps de la construction à cause de “messages négatifs” ou d'indifférence, ressentie comme une offense, provoquant une blessure narcissique qui entraîne un manque de confiance en soi, terreau d'une propension à se mettre en rivalité et à vouloir éliminer le rival en le discréditant, quitte à mentir grossièrement à des fins de manipulation, pour convaincre l’autre du “bien fondé” de ses accusations ! Or ce rejet ne résoudra en rien le problème fondamental d'une personne qui n'a pas été suffisamment valorisée ou investie affectivement pendant son enfance ! Cette personne devra toujours lutter pour faire taire la souffrance de son “enfant intérieur” et pour prouver qu'elle a toujours raison : c’est fatiguant d’être stratégique et bien frustrant car au fond elle ne sera jamais en accord avec elle-même de cette façon : elle sera divisée, clivée - entre l’adulte qui raisonne avec sa tête et l'enfant qui exprime sa souffrance de façon détournée. Elle lutte contre elle-même : c'est donc toute une partie d'elle qu'elle rejette : la plus vraie ! Et comme la psychologie est le dernier des soucis de la société, l'effet de groupe viendra bétonner les interactions et alliances de mauvais fonctionnements ! Les choses sont comme elles sont, comme elles ont été et seront, c'est ainsi ! Si tu n'es pas capable de t'intégrer dans cette loi implicite, réductrice tu es le “trouble-fête” et forcément le “malade” puisqu'en minorité ! Car quand “tout le monde le dit” c'est que c'est vrai ! Alors que c'est presque tout le temps le contraire ! Tous les découvreurs ont fait les frais de cette “pensée paresseuse” (comme l'appelle B. Cyrulnik). Cette forte tendance à éviter la complexité par facilité immédiate se paie très cher ! Elle est la source de l'intolérance à la différence, de sa condamnation même, sous des prétextes purement rationalisés qui cachent les vrais sentiments : jalousie entraînant la haine par exemple ! Pour éviter de reconnaître nos vrais sentiments il faut mentir : se mentir à soi-même, mentir aux autres… Manipuler, œuvrer pour donner une bonne image de Soi, au détriment de l’autre ! A force de se mentir à elle-même, une telle personne finit par prendre son personnage pour ce qu'elle est ! Gentille ! Ah : “je suis gentille, tu es méchante ! … Quelle dichotomie ! Mais pourquoi se définir “gentille” si ce n'est pour cacher des sentiments hostiles ? Nous ne sommes ni gentilles, ni méchants ! Nous avons tout simplement des sentiments positifs et d'autres moins ! C'est normal ! Et pas grave si nous en sommes conscients ! Par contre, c'est grave de se prendre pour une personne parfaite car cela révèle d'autant plus la méconnaissance qu'a cette personne de ce qui l’habite au plus profond d'elle ! Et malheureusement ce qui l'habite dans ce cas, ce sont des tourments : une telle personne ne s'aime pas : elle rejette toute une partie d'elle : sa vulnérabilité, sa sensibilité. Pour la contrôler, elle doit adopter une attitude rigide, autoritaire. Elle veut ! Elle sait ! Elle ne doute pas ! Mais pourtant elle est fragile !.. Et c'est pourquoi en réalité ses doutes s'exprimeront de façon détournée : tout ce qu'elle pense d'elle au fond mais qu'elle ne veut pas accueillir lucidement elle va l'attribuer à quelqu'un : il, elle me rabaisse, me juge, se sent supérieur à moi… Veut me déposséder, m’empêcher d’exister !… Elle prête à quelqu'un l'idée qu'elle se fait d'elle-même ! Elle la projette sur un “ Bouc Émissaire ”. Certainement que le choix du “ Bouc Émissaire ” porte sur quelqu'un qu'elle admire et qu'elle envie ! Mais elle ne veut pas prendre conscience de ça ! Elle rend le Bouc Émissaire coupable parce qu’il lui fait miroir de ce qu'elle voudrait être : confiante en elle, puissante ! Il faut lui faire payer cette “provocation” ce réveil de sentiments douloureux ! … Le discréditer, le rejeter grâce à un “délire” de persécution ! Cette personne n'est pas dans la réalité d'aujourd'hui mais dans sa réalité d'enfant blessé ! Et personne ne va l'en dissuader ! Pas d'esprit critique, pas de contradiction ! Au contraire ! Pas d'analyse pour comprendre de quoi se plaint la personne au fond ! On prend ce qu'elle dit à la lettre, au premier degré, comme si elle avait tout dit ! … C'est comme ça qu'une personne dans une famille (proche et élargie !) peut être le Bouc Émissaire ! … Ou que des personnes qui ne vous connaissent pas savent que vous êtes une “mauvaise personne” ! C'est la fabrique de toutes pièces d'un “mauvais objet” qui sert de poubelle à ceux qui veulent se débarrasser de ce qui les dérange en eux ! Tout ce processus est très violent car le rejet injustifié par la réalité est difficile à supporter ! L'incompréhension de ce qu'il est blessé le Bouc Émissaire . Ça arrive souvent dans les familles ! C'est terrible car c'est le lieu où on devrait se sentir en sécurité ! À cause du besoin affectif on peut mettre beaucoup de temps à se libérer des messages négatifs si destructeurs ! Il faut l'aide de quelqu'un pour redorer son blason et ne plus le laisser ternir par des personnes totalement ignorantes de leur fonctionnement ! Ce n'est pas facile d'être différent ! Et pourtant, ça n'a pas de prix d'être Soi ! Hélas pour beaucoup ça ne veut rien dire ! Comme le dit si bien Ghislain Devroëde : “il y a 2 sortes de personnes : celles qui savent qu'elles ont un inconscient et celles qui croient qu'elles sont ce qu'elles sont” ! Comme elles sont majoritaires c'est comme s'il n'y avait pas de problème ! … Et pourtant que d'occasions de se poser des questions au lieu de sembler juste horrifié quand on n’est pas concerné ! Tant qu'il n'y aura pas une reconnaissance du besoin impératif de se connaître soi-même au lieu de prétendre connaître l'Autre ! … - Qui n'a même pas le droit de ne pas être d'accord avec des qualificatifs qui ne lui appartiennent pas ! … Tant qu'on laissera agir les inconscients sans aucune mise en garde sur les conséquences il ne faudra pas s'étonner de la violence et de l'inhumanité… Les faits sont là mais il ne faut pas se contenter de dire que c'est horrible ! Toute injustice, invisible, subtile ou tapageuse… Se répercutera sur des victimes innocentes… Dans la vie de tous les jours nous en avons la preuve… À condition de sortir de “raisonnements automatiques”, du conformisme ambiant ! L'analyse des dictateurs qu’a faite Alice Miller (“C’est pour ton bien”, “Abattre le mur du silence”) a bien mis en évidence les liens entre les extrêmes blessures de leur enfance et les atrocités qu'ils ont commises par la suite par esprit de vengeance sur des peuples innocents. En conclusion je dirai que l'enfant a beaucoup de besoins pour devenir un véritable être humain pacifique et responsable (Amour et limites) … Il n'est pas nécessaire d'avoir été frappé, violé, humilié, laissé à l'abandon pour devenir dangereux. Des blessures narcissiques plus subtiles sont des graines de futurs conflits relationnels. Le besoin de compréhension est vital. Le besoin de valorisation satisfait construit des êtres sûrs d'eux - donc tolérants ! Par contre, “Toute personne qui n'est pas en amour avec elle-même est un danger pour les autres”. Et sans connaissance de notre inconscient nous risquons d'être enclin à prendre un Bouc Émissaire en otage (ou tout un peuple) pour déverser la haine accumulée pendant le temps de notre construction. L'être humain est complexe, pas fait d'un Bloc ! Imaginez une commode avec de multiples tiroirs : certains peuvent être bien rangés, d'autres en désordre ou d’autres vides… Tant qu'on ne fera pas passer pour humaine cette complexité, qu'on accusera la minorité qui accepte cette réalité et s'en occupe, la communication, la compréhension entre les êtres sera difficile, semée d'embûches. Et on assistera ou on sera victime de la violence - tapageuse ou subtile - de personnes qui ne se voient pas comme elles sont, se prennent pour des victimes et ne remontent pas à la Source de ce sentiment : quelque chose dans leur histoire, pendant le temps si crucial de leur construction a manqué et a laissé des traces en elles, des séquelles, d'autant plus opérantes qu'elles sont persuadées qu'elles appartiennent à la réalité d'aujourd'hui ! Leurs blessures d'enfant un “moteur pour la vie”, ajoutées à leur pouvoir d’adulte sont des armes redoutables dont on peut faire les frais - dans la vie sociale ou dans la vie privée ! Aveuglées, amputées de leur capacité émotionnelle ces personnes peuvent agir très froidement pour détruire de “faux ennemis” : des Boucs Émissaires ! Chacun est responsable de travailler sa lucidité, son sens critique, afin de ne pas se faire complice des problèmes non avoués de l'Autre ! Car l'inconscient peut s'avérer très dangereux ! La psychanalyse doit être de plus en plus acceptée et reconnue comme le moyen d'assainir les besoins de vengeance qui font tant de dégâts ! Se connaître est un devoir de responsabilité pour ne pas nuire aux autres ! Cet impératif concerne tout le monde et pas seulement les personnes “souffrantes”. Car très souvent celles qui ne souffrent pas ouvertement se sont défoulées sur des Boucs Émissaires ! Elisabeth Bocquet Psychanalyste à Dinard www.bocquet-elisabeth-psychanalyste.fr
par Élisabeth Bocquet 21 mai 2026
Conséquences s’ils n’ont pas été suffisamment satisfaits pendant l’enfance et tout le temps de la construction Solutions… Il y a encore des personnes qui croient qu'un enfant peut naître avec une disposition à être méchant, nuisible … incapable d'être heureux ! Une telle affirmation ne peut émaner que d'un manque sérieux d'observation et d'analyse ! Ceci est très grave de conséquences car, partant de ce principe personne ne se sent responsable de la souffrance, parfois extrême qui mène sinon à la délinquance, au moins à la détresse psychologique et à la maladie. Lorsque quelqu'un commet un “crime”, quel qu'il soit, on dit qu'il doit payer sa dette à la société. Ça me choque beaucoup ! Car en effet, c’est ignorer que de telles personnes n'ont pas reçu les ingrédients nécessaires à une construction saine. Et comment se fait-il que personne n'ait alerté ou fait quelque chose pour leur apporter de l'aide ? On laisse agir la fatalité ! Et on se contente de juger et de condamner ! De punir, alors qu'il faudrait éduquer ! Car il ne faut pas laisser s’enraciner des mauvaises habitudes de fonctionnement mais les repérer et les interpréter comme un signe de détresse, non de méchanceté viscérale de naissance ! Personne ne naît “mauvais” ou “gentil”. Fort ou Faible. Capable d’être heureux ou non … On le devient, de par ce qu'on nous a fait vivre ! Alors, au lieu d'être dans le jugement la condamnation, la punition cherchons à comprendre et faisons de la prévention en s'interrogeant sur ce qui a tant manqué à certaines personnes pour qu'elles deviennent nuisibles, dangereuses pour la société, en se comportant de façon cruelle, inhumaine … Malheureusement l'attitude en face de tels cas est bien inhumaine aussi ! Pourtant la moralisation, la punition n'ont pas fait leurs preuves ! Il y a une injustice profonde à étiqueter mauvaises des personnes pour qui les “dés étaient pipés”. Bien sûr qu'à cause de leur dangerosité il ne faut pas les laisser en liberté mais cette privation devrait être faite dans la perspective de soins … soins qu’elles n’ont pas reçus en temps voulu. Bien sûr si l'on attend trop, certaines personnes seront sans doute irrécupérables. C'est pourquoi il faudrait une plus grande vigilance et un désir de participer à une possible évolution positive ! Tous les êtres humains ont les mêmes besoins de base, mais sont-ils fournis à tous ? La réponse est non, et ce dans des proportions variables ! Il y a donc bon nombre de personnes qui sont néfastes d'une façon ou d'une autre sans que ceci soit “tapageux”. On a parlé de “la violence éducative ordinaire” il y a également une “malveillance ordinaire” - justifiée par une rationalisation ayant pour fonction de masquer les vraies motivations intérieures (jalousie, rivalité). Dans ces cas un masque avenant, bien lisse, permet de “noyer le poisson”. La Manipulation rend souvent la stratégie et ses fondements indécelables ! Ces personnes sont-elles conscientes de ce qu'elles font ? En partie je pense, et en partie non ! En partie oui : Elles ne sont pas sans ignorer leurs sentiments négatifs, hostiles envers une personne, mais voulant se persuader que ceux-ci sont justifiés par ce qu’est la personne, elles vont agir pour la discréditer, éventuellement faire de la diffamation, se renforcer dans leur conviction par une recherche d’approbation qu’elles ne manqueront pas de trouver ! Elles n’ont pas l’honnêteté de se poser des questions sur leurs “ressentis”. D’où viennent-ils ? Quels liens ont-ils avec leur vécu infantile ? Que craignent-elles ? Est-cee que ces craintes leur rappellent quelque chose de connu ? A force de se convaincre que leur attitude de rejet est justifiée par la réalité de la personne qu’elles incriminent - et non par la réalité de leur expérience infantile - elles en viennent à oublier le moindre petit frémissement de doute ! Elles s’installent donc dans une rupture, sans aucun scrupule ! Elles n’ont pas à se poser de questions sur elles-mêmes ! Notons qu’en rejetant l’autre, c’est une partie d’elles-mêmes qu’elles rejettent ! En partie non : Elles ignorent leur réalité émotionnelle : elles peuvent relater froidement, de façon détachée des choses qu’elles ont mal vécu dans leur enfance mais elles n’éprouvent pas l’émotion des manques. Leur connaissance n’est qu’ intellectuelle . Manquant de sensibilité envers elles-mêmes elles agissent par panique et désir égoïste de “sauver leur peau” à n’importe quel prix, comme des “fous” déconnectés de la réalité… Sauf qu’elles n’ont pas l’air folles et qu’on risque bien de se “faire avoir” par leur discours si rationnel et convaincant. Ce non accès à leurs émotions infantiles peut donc rendre ces personnes tyranniques et manipulatrices. Par exemple, dans la vie de couple, l’un des deux est souvent dominant (et c’est en principe celui qui fonctionne le plus mal !) Il va essayer d’imposer sa loi, sa “logique infantile”. Il est tout le temps persuadé qu’il a raison, il veut tout décider et si l’autre n'acquiesce pas, n’abonde pas dans son sens, il va lui prouver qu’il fonctionne mal. Il peut faire de grosses crises de colère, ou bouder ou ne plus s’investir dans la relation en guise de représailles. Mais comme il ne veut tout de même pas perdre les avantages que lui procure son conjoint il va “manipuler” : organiser adroitement la vie ensemble et tromper l’Autre sur ses vrais sentiments. Pour conserver ses intérêts il dissimule ses véritables motivations qui émanent du besoin impérieux de recevoir tout ce qu’il n’a pas reçu dans son enfance, d’être enfin comblé, jamais contrarié. Le Besoin l’emporte sur l’Amour ! La différence des sexes peut mettre en doute celui qui vit avec une telle personne, non dénuée par ailleurs de qualités … Les deux sont dupes et piégés ! Il y a donc bien un mélange de conscient et d’inconscient chez celui qui manipule et celui qui se laisse manipuler ! Les deux sont victimes de l’ignorance émotionnelle de leurs blessures d’enfant ou leur manque de confiance en elles en tant qu’adulte sexué. L’une veut contrôler l’Autre et celui-ci se soumet ! Les premières ont peur de vivre les mêmes déboires que dans leur enfance. Elles ne distinguent pas le présent du passé . Elles ne font pas la différence entre l'adulte qu'elles sont aujourd'hui et l'enfant blessé qui demeure en elles. Elles sont emprisonnées dans un schéma référentiel malsain qu'elles plaquent sur la réalité d'aujourd'hui comme si tout devait se répéter à l'identique ! Les secondes ont sans doute un manque de confiance dans leur virilité ou féminité et craignent d’être quittées ! Elles ne se rendent pas compte qu’elles ne sont pas aimées pour ce qu’elles sont mais bien plutôt utilisées ! Ce qui sous-tend le désir de contrôle sur l'Autre est la Peur . Malheureusement peu de personnes éprouvent le besoin d'aller s'interroger sur leur fonctionnement avec un “psy”. Elles pensent qu'elles vont bien parce qu'elles ne vont pas - ouvertement - mal ! Et qu'elles disposent de suffisamment de compensations pour trouver du plaisir dans leur vie. Malheureusement c'est souvent au détriment de “victimes innocentes” qu'elles prennent en “otages” dans leur prison mentale ! Comment ? N'allant pas à la racine de leurs tourments, elles doivent trouver des “boucs émissaires” pour s’en décharger et justifier leurs sentiments négatifs. D'une façon ou d'une autre ces personnes ont manqué de Sécurité - C'est pourquoi aujourd'hui elles vivent dans la peur : peur d'être dévalorisées, jugées, trompées, … Au lieu d'imputer ces manques aux relations avec leurs parents elles anticipent une telle attitude de la part de leur conjoint, d'un enfant, d'une amie, d'une collègue, d'une belle-mère… Elles font de leur “prime vérité” une vérité actuelle. Laissant le “bouc émissaire” dans une incompréhension totale de reproches infondés. Qu’a-t-il manqué à ces personnes pour qu’elles éprouvent le besoin impérieux de tout contrôler et d’être incapables de s’interroger sur elles-mêmes ? De s’en tenir à leurs justifications comme à une bouée de secours ? De ne pas accepter la différence ? D’être persuadées qu’elles ont toujours raison (- ou tout le temps tort ! -) ? D’être dans un système de défense qu’elles ne reconnaissent pas comme tel ! On en arrive aux besoins fondamentaux de tout être humain ! Pour développer une bonne image de lui-même et se construire un Moi fort, un enfant a besoin de recevoir des messages positifs , aimé inconditionnellement sans jugement moral : Donner le sens des valeurs à un enfant ne doit pas passer par une critique moralisatrice. La condition première pour avoir une attitude bienveillante, non basée sur de la suspicion envers un enfant est de ne pas lui prêter des mauvaises intentions ! Mettre des limites et être ferme par moments c’est de l’éducation, non de la répression ! Un enfant a besoin de se sentir important aux yeux de ses parents . Pour cela ils doivent avoir une vraie présence et s'investir dans la relation : communiquer par la parole, le jeu, des activités partagées. Il doit être vu pour ce qu'il est, non déformé par une vision émanant de l'histoire traumatique du parent. Il ne doit pas être laissé seul à pousser comme de la “mauvaise herbe”. Il a besoin d'être admiré et reconnu dans sa sexuation. Ainsi valorisé, il se sentira validé et ne sera alors pas enclin à être dans la rivalité, la jalousie… Fier de lui, les autres ne seront pas un danger ! Car la différence n'est alors pas une menace mais une complémentarité stimulante ! Personne ne se construit seul : nous sommes le résultat des “messages” (verbaux ou non) qui nous ont été adressés. Bien souvent nous devons faire le tri et nous libérer de ceux qui ne nous correspondent pas ! Et nous devons chercher à nous réparer ! Faire de nouvelles expériences : prendre des risques pour accéder à autre chose qu'à l'éternel connu ! Malheureusement la tendance est à la recherche de la facilité immédiate ! Éviter les conflits quitte à être dans une relation fausse. Se mettre dans le désir de l’Autre pour être tranquille, ne prendre aucun risque ! La recherche de la vérité, sur soi-même d'abord, rebute - parce qu’elle suppose d'accepter la complexité, de penser, de réfléchir, d'avoir le courage de douter. Elle est inconfortable car elle est synonyme d'une certaine solitude, d'une marginalisation. À une époque où l'on veut au contraire tout simplifier, réduire, voire, gommer les différences, faire taire ceux qui dérangent parce qu'ils refusent de rentrer dans le moule du conformisme, on est loin de l'introspection ! La réussite sociale avec le confort matériel qu'elle permet, le sentiment de puissance qu’elle procure, suffit à beaucoup de gens - même “s’il ne suffit pas d’être pauvre pour être honnête” (Coluche). Être honnête signifie se connaître afin de ne pas nuire aux autres. Une prise de conscience est nécessaire pour être un adulte responsable. Chaque personne qui la fait peut rayonner autour d'elle et lutter contre l'ignorance des besoins fondamentaux de l'être humain et de ses conséquences… Je ne suis pas naïve au point de croire qu'il y aura un monde parfait mais ce n'est pas une raison pour être dans la fatalité, la résignation, l'adaptation à un discours collectif réducteur car ignorant l'essentiel : la sensibilité, les besoins affectifs, le besoin d'être compris, respecté, encouragé… Il y a tant de victimes qui paient un lourd tribut à cette ignorance et indifférence de la souffrance humaine ! Personne ne se fait tout seul, chacun est le résultat d'une histoire familiale, là est la tragédie de la condition humaine : Soit vous recevez assez de “bons ingrédients” pour être capable de prendre une place correcte dans le monde, soit vous en avez reçu tant de mauvais que vous n'avez pas acquis un système de valeurs mais au contraire une haine qui doit se décharger ! Tout ceci dans des proportions très variables bien évidemment ! Chacun doit s'interroger sur lui-même pour épargner les autres en ne s'en servant pas comme moyens de vengeance des blessures et frustrations infantiles. Mais alors il faut accepter de s'élever au-dessus de la matérialité, accepter que nous sommes des êtres mus par l'affectif et que celui-ci peut perturber la perception objective et ainsi nuire aux relations. Chacun est donc responsable d’une part du bon fonctionnement du monde, si infime soit-elle ! En ce qui me concerne ma conviction est que la connaissance des fonctionnements humains, de la découverte fabuleuse qu’a fait Freud de l'existence de l'Inconscient est la condition première pour réguler les rapports humains : en se comprenant soi-même, en assumant ce qu'on est vraiment, c'est-à-dire en acceptant de regarder en face nos complexes, nos sentiments, nous pouvons apprendre non seulement à les gérer, à les assumer mais à les réparer par une gestion de vie plus appropriée, plus constructive que par le déplacement à vie de nos problèmes sur les autres, qui serait justifié par leur réalité ! Car, cette réalité est bien plutôt la nôtre, celle de notre passé d’enfant, minimisé, ignoré, inconscient ! Là est le piège où mène l’ignorance de l’inconscient ! Je sais que pour beaucoup l'inconscient est un “gros mot” prononcé par des gens “compliqués” voire… “méchants” ! Pourtant tout le monde est concerné ! Tout le monde a un inconscient. Ce n'est pas parce que ce n'est pas un organe physique dissécable, comme tout autre organe de notre corps qu’il n'existe pas ! L'affectif non plus n'est pas dissécable : il s'éprouve ! De même pour l'inconscient : on peut en faire l'expérience ! Vous pouvez en avoir la preuve à travers des situations que tout le monde connaît, sans en saisir pour autant le sens profond - par manque d'information ! Vos rêves par exemple : en avez-vous décidé ? Avez-vous choisi le scénario ? Non ! Ils s'imposent à vous pendant votre sommeil, alors que vous ne contrôlez plus rien ! Alors d'où émanent-ils ? Qu'est-ce qui les provoque ? Ils expriment ce que vous n'avez pas pu exprimer, ni même reconnaître bien souvent ! Ils émanent du fond de vos “tripes”, là où vous stockez tout ce que vous pensez ne pas être convenable ou qui vous fait peur et qu'alors vous préférez enfouir, taire, ignorer ! C'est tout simplement ce “réservoir” d'émotions, de sentiments vrais qu'on appelle l'Inconscient. Alors que ce que vous donnez à voir n’est souvent qu'un “personnage”. Ou en tout cas il manque des pièces au puzzle de votre personnalité ! Vous n'accordez pas d'importance à vos rêves car ils sont “bizarres” dites-vous, “stupides”, “inintéressants” … Or il n'en est rien ! Mais comme nos rêves se déguisent pour exprimer ce que nous ne pouvons ni dire ni reconnaître il faut être capable de les interpréter, comme une langue étrangère ! Beaucoup d'éléments sont des symboles qui cachent une signification de notre vie. C'est toujours un étonnement pour mes patients de découvrir ce qui se cache derrière une apparence “loufoque” ou incompréhensible. Et ensuite ils éprouvent un vif intérêt à cette traduction ! Car ils réalisent qu'ils nous en apprennent beaucoup sur nous-mêmes ! Vos actes manqués N'avez-vous jamais oublié un rendez-vous, une personne… ? Un oubli ? heu ! … Si vous êtes honnête vous pourrez reconnaître qu'en fait vous n'aviez pas envie d'aller à ce rendez-vous, ou de voir telle personne … Alors votre inconscient - où se cache votre vrai désir - s'est arrangé pour que vous oubliiez le rendez-vous, la personne… Ainsi vous avez gagné, vous avez fait ce que vous aviez vraiment envie de faire ou de ne pas faire ! Sans lui vous ne vous en seriez pas donné le droit ! Vous n’auriez pas pris la responsabilité d’un choix jugé incorrect ! Vos lapsus N'avez-vous jamais prononcé un mot à la place d'un autre, ou un prénom, un nom ? Vous mettant parfois dans un grand embarras d'ailleurs ! Cette “méprise” révèle vos vrais sentiments, vos vraies préoccupations … mais vous ne vous étiez pas autorisé à les reconnaître alors elles vous ont … échappées. Les mots sont sortis de votre bouche à votre insu ! Ils émanent de votre réservoir à secrets … de votre inconscient - vous n’avez pas décidé de les prononcer ! Et là encore, vous avez gagné ! Vous avez ainsi pu exprimer quelque chose, que consciemment vous vous obligiez à taire ! On appelle ça des actes manqués mais ce sont plutôt des actes réussis puisqu'ils correspondent à notre Vérité ! La vérité n'est pas facile à reconnaître, (puisque nous sommes souvent trop formatés à être raisonnables) et encore moins à l'exprimer (par crainte de représailles). Alors des “failles” percent le système de verrouillage ! Sachons les reconnaître pour assumer qui nous sommes vraiment et non nous abriter derrière la belle image que nous voulons avoir de nous-mêmes et montrer aux autres. La peur d'être un mauvais garçon, une mauvaise fille empêche trop de personnes d'être elles-mêmes : Insuffisamment acceptées pour ce qu'elles étaient pendant le temps de leur construction, elles ont appris à se taire et même à ne pas penser, ainsi il n'y a pas à prendre le risque de s'exprimer ! Non seulement ces personnes ne peuvent donner le meilleur d'elles-mêmes, emprisonnées qu'elles sont dans un rôle dont elles se croient pourtant maîtresses … mais elles donnent quelquefois le pire par une adaptation à leur “formatage” qui les a laissées frustrées et dont la force pulsionnelle représente alors un danger pour les autres ! Car tout ce qui est enfoui, pas pris en compte consciemment n'est pas mort mais bien actif et ne se manifeste pas seulement dans les rêves, les actes manqués, les lapsus … mais dans des actes malveillants dont le vrai sens échappe à l'ignorant de ses blessures infantiles … Sans l'acceptation de l'inconscient et du désir d'aller voir ce qui s'y cache, on est condamné à tourner en rond dans une petite cage ! Alors que sa connaissance ouvre des portes et permet d'accéder à la liberté : une liberté qui ne nuit pas aux autres : satisfait de nous-mêmes et non entravé par la peur des autres nous ne sommes pas dans la rivalité, la jalousie - puisque nous ne sommes plus ce petit enfant impuissant face au puissant adulte ! Car si nous sommes bien souvent victimes de notre enfance, nous ne sommes plus victimes dans notre présent ! La connaissance de notre inconscient nous permet de faire la distinction entre le passé et le présent et ainsi de ne pas reporter nos problèmes sur les autres, ni d’en être la proie ! Voilà pourquoi il est primordial d'informer de son existence et de la nécessité de s'y intéresser. Suggestion : Ce serait très utile qu’il y ait une initiation aux fonctionnements humains à l’école. Pour délimiter ce qu'un enfant est en droit d'attendre, ce qu’il ne devrait pas subir ! Pour déculpabiliser les enfants qui ont des difficultés relationnelles avec leurs parents et qui pensent que c’est de leur faute ! Qui, en conséquence se dévalorisent et ne peuvent se construire solidement. Manquant de confiance en eux, d’estime d’eux-mêmes, de croyance en leurs capacités ils en arrivent à avoir honte d’eux … Ils se sentent “anormaux” et se replient alors sur eux … Ils auraient besoin d'avoir des repères pour sortir de cette mauvaise image d’eux-mêmes. Ces repères sont d'apprendre que les parents peuvent avoir de gros problèmes qui les empêchent d’être de vrais parents et qu’alors ils doivent arrêter de se remettre en cause et trouver d'autres référents pour se construire. Progressivement on met les enfants en garde sur les risques d'agressions sexuelles mais il faut le faire aussi pour les risques d'agressions psychologiques, moins décelables et qui ont moins la côte ! Que chacun ait la curiosité de faire des liens entre ses difficultés actuelles et ce qu’il a vécu enfant. Que chacun se pose des questions sur son fonctionnement avant d’accuser l’Autre. Que personne ne croit plus qu’il “est ce qu’il est” mais soit curieux de sa complexité, animé par le désir de progresser humainement dans son intérêt et celui de tous ! Que ce soit dans le couple, dans la relation parents / enfants - dans la société, des forces vives non reconnues perturbent les relations … Alors arrêtons de croire que les choses sont simples, qu’il y a les “bons” et les “méchants”. Soyons analystes, c’est-à-dire des chercheurs non des perroquets qui répètent quelques phrases à l’infini ! Elisabeth Bocquet Psychanalyste à Dinard www.bocquet-elisabeth-psychanalyste.fr
par Élisabeth Bocquet 21 mai 2026
Mais qu'est-ce qu’être Soi ? Obstacles… Conditions… Beaucoup de personnes ignorent qu'elles ne sont pas vraiment elles-mêmes, elles ressemblent plutôt à ces petits jouets mécaniques qu'on a remontés et qui marchent (se dandinent) alors comme des automates ! Le problème a été détecté depuis très longtemps puisque Socrate (né vers 470 avant J.-C.) en est venu à donner cette injonction : “Connais-toi toi-même”. Qu'entendait-il par là ? Que nous devons comprendre comment nous fonctionnons, c'est-à-dire reconnaître ce qui se passe au plus profond de nous, car cette démarche de compréhension de soi mène à la compréhension du monde. Ce qui rejoint l'affirmation de Krishnamurti, penseur indien (né en 1895). “L'ignorant n'est pas celui qui manque de culture mais celui qui ne se reconnaît pas lui-même.” Et de ce fait, dit-il aussi “l'instruction est la compréhension de soi car c'est en chacun de nous que l'existence est ramassée”. Socrate avait instauré la “maïeutique” ou art d'accoucher les esprits - qui fait découvrir à quelqu'un ce qu'il ignorait consciemment, le faisant ainsi avancer sur la voie de la libération... Car, comme l'affirme Krishnamurti, il est relativement facile de comprendre et de dissoudre nos peurs conscientes. Mais la plupart d'entre nous ne découvrent même pas leurs peurs inconscientes ! Tentatives de définition de l'inconscient : C'est quelque chose que je ne sais pas que je sais ! Je cherche à m'exprimer par n'importe quel moyen ! Car j'ai quelque chose à dire, mais je ne le sais pas moi-même. J'ai beaucoup de force et d'énergie Je suis très vivant Je suis persévérant Je gronde secrètement Au fin fond de vos entres Mais je me déguise toujours pour me manifester Qui suis-je ? La question que se pose, comm e moi, Alice Miller est “pourquoi il est si difficile de faire accéder l'opinion publique à une approche psychanalytique de l'homme ? ” C'est-à-dire à apprendre à avoir la perception de la totalité de notre propre processus psychologique ! Qu’exige cet apprentissage ? Je citerai à nouveau Krishnamurti : “Le savoir est-ce qu'a emmagasiné la mémoire et il faut être libéré du connu pour explorer ce qui se trouve au-delà”. (Je dirais : en deçà !) Nous pouvons appeler cet au-delà “l'inconscient” qui en fait est le maître à bord si nous ne faisons pas sa connaissance ! Combien l'ignorent ? Une grande majorité de personnes, tant ce “gros mot” est méprisé, en tout cas dont l'importance fondamentale est ignorée faute d'avoir été informées de son existence ! Ce qui est selon moi la cause de beaucoup de souffrances, psychiques, morales, physiques puisque si l'on ignore nos désirs profonds nos vraies émotions et sentiments nous nous engageons dans la vie avec de fausses motivations ce qui nous rendra insatisfaits, donc tourmentés, déprimés, angoissés, malades… À quels critères obéissons-nous lorsque nous faisons des choix qui ne reflètent pas notre moi profond ? Aux critères du conformisme ambiant. Car si l'influence principale est l'éducation qu'a reçue une personne elle est renforcée par les pressions de la société qui ne se soucie pas du bien-être personnel mais exige une adaptation docile à ses règles. Je ne suis pas en train de penser et de dire qu'il n'en faut pas, ce serait désastreux aussi ! Mais le problème est que la plupart des personnes qui composent la société n'ont pas choisi leur chemin de vie en connaissance de cause : elles n'ont pas été informées de l'importance majeure de notre fonctionnement psychologique et des conséquences de son ignorance ! Donc elles font des choix “raisonnables” souvent basés sur des peurs. Les peurs gouvernent la vie de beaucoup d'entre nous. Dans ces conditions il faut viser la sécurité et non prendre le risque d'être soi-même, d'exister vraiment ! Enfermées dans un système d'obligations plutôt que d'envies comment faire la connaissance de nous-mêmes ? La peur d'être différent pousse beaucoup à se “rétrécir” en jouant un personnage censé convenir ! Oui, mais à quel prix ? De l'amputation de votre Vrai moi ! Ah oui, vous êtes un gentil garçon, une gentille fille ! Vous ne dérangez pas ! Mais vous vous faites du mal et vous vous privez de la jouissance de la liberté, condition indispensable pour exister et pas seulement vivre ou même survivre ! Lorsque je vivais encore chez mes parents et que je n'y avais pas le droit d'être moi-même, que je ne pouvais même pas me révolter puisque j'étais prise dans une “camisole affective” j'écrivais ma souffrance discrètement sous forme de poèmes. Je n'avais à cette époque pas de prise sur mes insatisfactions, je me sentais impuissante. Par contre je cherchais à comprendre … j'ai longtemps cherché et cette obstination, cette non résignation m'a sauvée même si elle m'a coûté le rejet familial ! En voici quelques-uns : Un jour Je braillerai Ce que j'ai dans le ventre Qui me tiraille Au grand jour Ah ! Le beau jour Que celui-là Et je respirerai Et je vivrai En paix Avec moi-même Dans ma vérité Un jour je leur ferai voir Que je ne suis pas folle Que je ne suis pas seule Que je suis ce que je suis Que ça c'est moi Qui n'est pas dans “le mauvais chemin” Car pendant des années on m'a répété que j'étais sur le “mauvais chemin”. Jusqu'à ce que, suite à une fois de trop, je renonce à prendre le moindre chemin … J’ai végété pendant deux ans avant de pouvoir quitter ce lieu de non vie. Et j'ai continué à chercher mon Vrai Moi … Encore chez mes parents j'écrivais aussi : Je ne peux même pas me fier à moi Je n'ai pas de moi unique Mon moi est multiple Mon moi s'éparpille Mon moi m'échappe Mon moi est infidèle Mon moi, mon moi… Je te cherche Je ne savais plus qui j'étais tant on m'avait fait douter de moi et je n'avais pas la force nécessaire pour garder mon cap ! (J'en avais eu un avant la “cassure”!) Je ne sais pas c’que j’veux Je ne sais pas c’que je suis Et qu’est c’que je fous ici ! Je ne sais pas mon rôle Je l'ai p’être mal appris ? … On m’la pt’être mal appris ? … De même que je ne croyais plus aux causes physiologiques de mes crises d'asthme, sans toutefois encore en comprendre leur “langage" ! Mais le fait de refuser les explications médicales m'a aussi permis de ne pas me résigner. Et la conviction que les… Raisons étaient ailleurs m'a amenée chez un psychanalyste qui lui, ayant compris de quoi je souffrais m'a permis très vite de respirer normalement ! À partir de là me sentant en confiance j'ai pu, petit à petit, exprimer les émotions qui m'étouffaient, que l'asthme exprimait ! C'était un langage physique, muet, horrible ! Mon corps exprimait ce que je ne pouvais pas exprimer avec des émotions et des mots : j'étais inhibée - mais mon symptôme en disait long ! Et pourtant, aucun médecin n'y a vu de sens ! Tous donnaient des explications qui excluaient les causes psycho-affectives ! Là où pourtant il faut chercher ! Car un être humain n'est pas une machine : on appuie sur un bouton et ça marche ! L'être humain est complexe car sa construction est liée à de nombreux facteurs. Le premier est d'avoir reçu - ou pas ! - dans les premières années, la Sécurité Affective qui passe beaucoup par le contact physique - le langage aussi, bien sûr ! C'est très important de parler à un bébé, à un petit enfant : la voix le rassure même s'il ne comprend pas encore le sens des mots. Puis pendant des années l'enfant a besoin d'être rassuré à chaque nouvelle étape et encouragé à dépasser ses peurs : il vit tout pour la première fois ! Donc ce qui est évident pour un adulte ne l'est pas pour lui ! Il a besoin d'être stimulé à agir, encouragé quand il a des difficultés. Il a besoin d'être valorisé pour qu'il se construise progressivement une bonne image de lui qui lui donnera la force nécessaire pour prendre sa place dans la vie au fur et à mesure de ses capacités. Ayant ainsi reçu suffisamment de “bons ingrédients” il sera en mesure d'être lui-même, c'est-à-dire d'oser être spontané car non dans la perpétuelle peur d'être rejeté ou pire d'être détruit ! Un être humain qui a ces peurs est un être qui n'a pas reçu la permission d'être lui-même. On lui a demandé - implicitement ! - de se déformer … L'enfant ayant un besoin vital d'amour et un manque de référence ne peut avoir de sens critique envers ses parents, il va donc s'adapter à ce qu'il ressent de leurs attentes et de leurs limites. Il ne peut faire confiance à ce qu'il ressent (confusément d'ailleurs !) il a plutôt tendance à penser qu'il est un “mauvais garçon”, une “mauvaise fille”. Il a tellement besoin d'être accepté qu'il fait beaucoup d'efforts pour tenter de leur convenir, de ne pas les contrarier, les blesser car il craint les “représailles”. C'est-à-dire les messages négatifs qui le détruiraient car il n'est pas à force égale ! Il n'a pas encore compris la règle du jeu et il prend ses parents très au sérieux, il les idéalise : ils ont forcément raison ! C'est ainsi que le Faux Moi prend racine au point de devenir une “seconde nature” ! Plus tard, l'adulte a oublié qu'il y a très longtemps il a eu des velléités, des désirs, des besoins qu'il a dû refouler … Donc il croit qu'il est ce qu'il est ! “C'est ma nature disent certaines personnes” C'est votre “dénature” je leur réponds En fait, on est souvent “déroutés”. Et c'est ainsi qu'on se fabrique un “Faux Moi”, un personnage qui est la résultante d'un bricolage, fait de la peur de mal faire, la peur de faire du mal et d'une tentative d'adaptation pour éviter ce drame ! L'ignorance que les “adultes” ne le sont pas toujours et qu'il ne faut donc pas les idéaliser est très grave de conséquences ! C'est pourquoi je déplore qu'il n'y ait pas un minimum d'initiation à la psychologie à l'école pour donner des outils de repérage aux enfants victimes du mauvais fonctionnement de leurs parents. Il y a des cas extrêmes mais à différents niveaux en tant que parents nous empêchons nos enfants d'être vraiment eux-mêmes ! Parce que nous avons hérité de peurs ! La liberté absolue n'existe pas, mais ce n'est pas grave si nous avons la sagesse de nous remettre en cause. Malheureusement, la plupart des personnes croyant qu'elles sont ce qu'elles sont adoptent une attitude rigide, envers les autres, mais envers elles-mêmes d'abord ! Elle ne cherche pas la vérité des choses, elles savent ! La loi du grand nombre fait office de vérité ! Dans ces conditions il n'y a rien à chercher ! Il faut juste répéter : ce qu'on nous a appris, ce que tout le monde dit ! … Ça fait peur de s'échapper de la meute ! On est seul ! Alors beaucoup renoncent à se différencier laissant dormir au plus profond d'eux leurs trésors enfouis ! Connaissez-vous beaucoup de personnes d’un certain âge, épanouies ? Contentes de leur vie qui, même si elle a été difficile a été passionnante parce qu'elles ont eu l'audace de prendre des risques pour être en accord avec ce qu'elles ressentaient. Qui ont appris tout au long de leur vie, ont évolué et continuent de le faire ! Qui ont fait de leur vie une “œuvre” ! Car oui ma vie est une œuvre à laquelle je dois travailler tous les jours ! Ou bien je me laisse “porter par le vent” et ne fais rien de ma vie, ou je m'organise pour la structurer et ainsi réaliser mon œuvre (qui ne s'achève qu'à ma mort). Je suis “l'artiste” de ma vie et je ne dois pas laisser n'importe qui y participer ! Je décide qui va y mettre sa touche pour l'enrichir, l'améliorer mais c'est moi qui en suis le maître ! Cette “œuvre” est mon fil conducteur et tous les matins j'ai envie de me lever pour agir afin d'y travailler. Quelles sont les conditions requises pour adopter une telle philosophie de vie ? Avoir une exigence de qualité. Avoir des intérêts “supérieurs”. Être persévérant. Avoir du courage. Ceci aboutit à avoir de “vraies motivations”. Sous-tendues par l'estime de Soi ! Quels sont les obstacles à la liberté de se réaliser, d'exister vraiment ? D'être soi-même ? En étant à l'écoute de nous-même, de nos émotions. Or ça fait peur à beaucoup car il faut alors avoir le courage de nous voir tel que nous sommes, pas tel que nous pensons qu'il faut être pour convenir ! À qui ? À quoi ? Il faut se poser la question ! Nous nous définissons souvent par le biais du rôle qu'on nous a jadis attribué. Il faut sortir de ce rôle, du personnage pour devenir une vraie personne, une personne vraie ! La dépendance affective maintient beaucoup de personnes dans une prison : la vie de couple par exemple peut-être un grand frein à la liberté d'exister lorsqu'on n’a pas assez confiance en soi et que l'on cherche à “mériter l'amour”. Rechercher notre “Vrai Moi” exige de prendre des risques, au lieu de viser bien souvent un confort immédiat, la sécurité qui tôt ou tard sera source de grandes frustrations ! Pourtant chante Soprano, Même si le monde ne me comprend pas, ça n'a pas de prix d'être moi ! Elisabeth Bocquet Psychanalyste à Dinard www.bocquet-elisabeth-psychanalyste.fr
par Élisabeth Bocquet 21 mai 2026
Très souvent, au bout d'un certain temps de thérapie, mes patients s'interrogent : “Est-ce que j'ai déjà aimé ? C'est quoi l'Amour ?” Ayant pris conscience de leurs peurs et des fonctionnements qui en ont découlé ils commencent à se poser des questions sur... l'amour ! A ne plus être sûrs qu'ils ont aimé vraiment ! Que suppose aimer ? Aimer suppose voir l'Autre pour ce qu'il est, accepter et apprécier sa différence … le comprendre - c'est-à-dire savoir de quoi il est fait, quelles sont ses zones de fragilité et comment il tente de faire avec ! L'amour dans le couple repose sur le désir qui émane de l'admiration. Justement parce que la différence provoque de l'admiration ! Or, Malheureusement, très souvent nous sommes dans le Besoin et nous exploitons nos failles mutuelles plutôt que de grandir ensemble ! “Qui pourra remplacer le besoin par l'Envie ?” chantait Balavoine... Le problème est que nous avons emmagasiné des peurs tout au long de notre construction! Peurs que nous avons essayé de chasser pour ne pas ressentir d'émotions désagréables... Peurs sur lesquelles nous ne mettons pas de mots précis donc et que nous risquons alors de déplacer sur des situations actuelles ! Puisque même si nous refoulons les émotions qui nous dérangent, elles ne disparaissent pas miraculeusement, elles demeurent tapies au fond de nous et compliquent notre vie d'adultes ! Moins on les repère, plus elles gouvernent notre vie ! N'ayant pas acquis une sécurité suffisante le danger rôde... dans notre tête ! Il faut donc crier avant d'avoir mal ! ... Être sur “le pied de guerre” ! Pas des conditions propices à l'Amour ! … Si les Besoins satisfaits peuvent permettre un “attachement” à l'Autre, ce n'est pas forcément de l'Amour, qui demande autre chose ! En outre si les besoins sont trop impérieux et les peurs trop importantes cela va amener une personne à vouloir contrôler l'Autre, à vouloir que l'autre s'adapte à tous ses besoins sans concessions... Que veut dire contrôler l'Autre ? Dans un couple par exemple, celui qui est insécurisé à cause de son histoire infantile, va vouloir que son conjoint ait la même logique que lui, pense comme lui, voit les choses de la même façon et si ce n'est pas le cas il met la pression en lui faisant croire qu'il fonctionne mal, qu'il a des problèmes, qu'il faut qu'il se remette en cause ! Il laisse entendre que dans le cas contraire il le quittera ce dont pourtant il est bien incapable puisqu'il prouve par son comportement qu'il n'a pas d'autonomie affective, qu'il a un besoin vital de l'Autre ! Ce ne serait pas grave s'il le reconnaissait mais c'est loin d'être le cas : il rationalise ses peurs grâce à des arguments qui peuvent être convaincants et amener l'Autre à douter de lui ! Contrôler l'Autre c'est faire en sorte qu'il n'ait pas de liberté d'action : le programme est blindé et il doit suivre ! S'il proteste il subira des représailles : cris ou pire bouderies, mutisme... Pour arrondir les angles et éviter cette ambiance pesante, le plus conciliant va de moins en moins contester, il va éviter les sujets de conflit et se rallier à la logique de l'autre. Mais deux attitudes sont possibles : L’une consiste à s'adapter stratégiquement mais en n’étant pas dupe ! L'autre à fusionner avec l'Autre c'est-à-dire à se convaincre petit à petit qu'il a raison ! Quand une personne contrôle l'Autre, ce dernier n'a pas le droit de prendre des initiatives car il fait toujours mal ! Petit à petit s’il a lui-même une faiblesse qui le fait renoncer à qui il est et à ce qu'il veut, il ne va même plus penser ! Il devra être d'accord sur l’organisation familiale, l'éducation des enfants, les sorties, les fréquentations, l'ameublement etc … Sa logique de petite fille ou de petit garçon lui dicte que c'est un dû et aussi que c'est le seul moyen d'échapper au danger ! … de la Frustration ! Et par conséquent de la Souffrance. Les personnes qui n'ont pas acquis une sécurité suffisante pendant le temps de leur construction, que ce soit sur le plan affectif ou sur le plan de la “valorisation” (de leur être entier !) utilisent l'Autre dans une tentative de combler leur vide intérieur et afin que plus rien ne menace aujourd'hui leurs désirs jadis, trop bafoués ! Lorsqu'on se met en couple ce n'est pas toujours pour les bonnes raisons ! Pourquoi ? Parce que n'étant pas encore un homme ou une femme nous sommes sans le savoir bien souvent dans une logique de petit garçon ou de petite fille qui a besoin d'un bon parent pour prendre soin de lui ou d'elle, le - la combler … Au début ça semble fonctionner mais petit à petit, des divergences apparaissent puisque la vie quotidienne et l'arrivée des enfants les mettent en évidence ! Lorsqu'on est homme ou femme on aborde ces divergences avec sérénité, on dialogue pour trouver un terrain d'entente mais lorsqu'on est resté avec nos peurs d'enfants, l'insécurité, le manque de confiance en soi re s surgissent sans pour autant qu'ils soient reconnus ! Ils sont attribués au présent : c'est la faute de l'Autre ! L'enfant intérieur ressent comme une agression la non-adaptation à ses besoins et exigences qui lui rappelle ses blessures anciennes. Ne disposant pas de ressources intérieures suffisantes, c'est-à-dire n'ayant pas emmagasiné assez d'amour et de valorisation il va alors ressentir une détresse : si l'Autre ne se soumet pas à ses désirs il ressent le Vide ! L'enfant qui n'a pas reçu suffisamment de bons ingrédients pour être fort, autonome, pour avoir une bonne image de lui va, à l'âge adulte, être en demande permanente de réassurance. Il ne pourra tolérer la différence, il n'aimera l'Autre qu'à la condition qu'il s'adapte aux besoins de son enfant intérieur. Alors ils ne sont pas dans une relation homme-femme. Et il ne peut y avoir un vrai amour partagé. Il y a trop de peurs ! L'amour suppose la confiance, la souplesse, la générosité... Je ne dis pas que c'est facile mais on doit être conscient de nos fonctionnements pour nous libérer de nos entraves et être capables d'aimer mieux ! ... De façon moins égoïste - moins infantile ! Ce qui est grave c'est de ne pas être conscient de ce qui nous a jadis blessé, de ce qui nous a manqué, et comment nous en sommes affectés aujourd'hui ! Comment ces blessures infantiles et les séquelles qu'elles ont laissées en nous sont un obstacle à la capacité d'aimer ! Puisque aimer suppose tenir compte de l'Autre ! Être capable d'aimer même si l'Autre nous frustre quelquefois ! Et pas d'aimer à la façon des petits enfants : “donne-moi ton bonbon, sans ça t’es plus ma copine !” Je ne suis pas en train de dire que l'Amour exige de se sacrifier soi-même, surtout pas ! Or, souvent le couple ne tient que parce que l'un est soumis à l'Autre ! Pourquoi fait-il ce sacrifice ? Par manque de confiance en lui, par culpabilité , pour avoir la paix ! … Par peur d'affronter des conflits s'il s'oppose au désir de l'Autre et de perdre ce à quoi il tient : ce n'est pas toujours à la personne mais à ce qu'il veut éviter de perdre ! : La sécurité matérielle L'image sociale que procure le fait d’être en couple. Et dans les bons cas : le souci des enfants, la peur de les faire souffrir en brisant leur cocon. Tout ceci assurant une vie conformiste, pourtant chère payée ! Se soumettre à l'Autre cependant présente des avantages ! Il n'y a plus à prendre ses responsabilités, mais à se laisser guider ! Avoir un “maître à penser” est peut-être plus confortable que de se poser des questions et d'affirmer sa différence, qui provoquera des réactions vives chez une personne persuadée que seule sa “logique” est la bonne ! Quelquefois avant de se soumettre la personne a réagi spontanément avec ses propres convictions mais “l'Abuseur” est quelqu'un qui manie bien les mots et la rationalisation et dont le pouvoir de conviction est par conséquent très puissant ! D'autre part il a bien remarqué les “faiblesses” de l'Autre et ainsi il va progressivement tisser sa toile et emprisonner celui qui n'a pas le cran de résister ! S'agit-il de personnes particulièrement faibles ? Je crois que la différence sexuelle joue un grand rôle dans ces rapports de force ! Lorsque quelqu'un n'a pas eu une construction rigide parce qu'il n'a pas dû faire face à de grosses difficultés pendant le temps de sa construction, il a une certaine naïveté, il fait confiance, n'imagine pas que l'Autre est capable de manipulation ! En face de reproches et de menaces, il va manquer de sens critique et se remettre en cause! “Il ... ou elle ... a peut-être raison ! Je n'ai peut-être pas compris quelque chose !” ... Le conflit fait peur à beaucoup de gens alors face à l'autoritarisme de l'Autre, à son obstination à penser qu'il a toujours raison, quelqu'un peut avoir la tentation après quelques tentatives infructueuses d'affirmer sa position, de baisser les bras. Que fait-il alors ? Il peut fusionner avec l'Autre pour préserver l'harmonie qu'il désirait. Il peut se replier sur lui, ne plus rien dire, fuir dans le travail, dans le sport, une passion ... Mais contrairement à celui qui fusionne avec l'Autre, il garde ses convictions au fond de lui et organise sa vie en fonction pour trouver des satisfactions ... ailleurs ! Où est le couple ? Jusqu'à avoir une relation extra-conjugale pour tenter d'exister ! Certains le pointeront du doigt en l'accusant : il elle - a trompé sa femme, son mari ! … Je déteste ce terme car c'est un jugement moral, absolument pas constructif et surtout ... injuste ! En effet : Qui trompe qui ? Et c'est quoi tromper ? Quelqu'un qui rationalise ses tourments tapis au fond de lui au lieu de les reconnaître et exige de l'Autre qu'il réponde à ses seuls besoins pour son confort personnel trompe l'Autre puisqu'il ne fait pas l’Aveu de ses manques et de ses peurs ! L'Amour n'est pas utiliser l'Autre ! Malheureusement, derrière la volonté de vivre en couple se cache souvent le secret espoir que l'Autre viendra combler et réparer toutes mes blessures ! Traduire : Je vais trouver un “bon parent”. Au début c'est ce qui semble se passer : tout va bien, rien ne vient perturber l'entente initiale. “Je suis tellement heureuse avec …” me dit un jour une jeune femme. J'ai senti un mauvais présage dans cette affirmation dépourvue de ... modération. Sachant qu'elle n'avait pas été comblée dans son enfance j'ai craint qu'elle n'ait des attentes déplacées sur son conjoint ! Et c'est exactement ce qui s'est produit ! Elle “n’aimait” qu’à la condition qu'il passe par où elle voulait ! Dans le cas contraire elle faisait la tête, façon de mettre la pression pour le faire flancher (D'autres hurlent et menacent de partir !... Ce n'est que du chantage car elles n'en ont pas la moindre envie !). La suite a donné raison à mes craintes : elle voulait un géniteur et une “bonne mère” qui soit là uniquement pour elle - ce qu'elle n'avait pas eu avec sa mère ! Après deux enfants son conjoint lui avait dit fermement qu'il ne voulait pas d'autre enfant. Qu’à cela ne tienne : elle s'est arrangée pour être enceinte, pensant sans doute que devant le fait accompli il changerait d'avis ! Ce ne fut pas le cas ! Leur couple n'était plus qu'une cohabitation. Son conjoint a tenté à maintes reprises de lui faire comprendre qu'elle ne pouvait pas fonctionner ainsi mais elle restait sourde et indifférente à ce qu'il était : seuls comptaient ses besoins ! D'ailleurs impropres à la rendre heureuse ! Désormais sûr qu'elle ne changerait pas il l'a quittée. Y avait-il jamais eu de l'Amour entre eux ? Non ! Car l'amour vrai résiste aux écueils ! Les conflits aident à mieux se comprendre et ainsi l'Amour grandit. Chacun était dans sa “logique”, avait son idée de la vie de couple ... Mais les mots ne voulaient pas dire la même chose pour l'un et l'Autre. “On est d'accord sur tout” m'avait pourtant confié X. Mais ce n'était qu'une entente “intellectuelle” basée sur des malentendus ! ... Qui n'a pas résisté à l'épreuve de la Réalité ! ... Mal... entendu… Qu'est-ce que l'un et l'Autre n'avaient pas entendu ? La vie quotidienne peu à peu a révélé au grand jour ce qui n'avait pas été perçu lors de la rencontre et au début de la vie commune, avant l'arrivée des enfants ! Les enfants sont des révélateurs de discorde dans le couple (et non la cause des problèmes, comme le pensent certains parents !) Parce que le vécu de chacun, sa propre histoire infantile conditionne la façon de s'occuper des enfants : quelqu'un qui a eu beaucoup de manques affectifs va vouloir fournir au centuple ce qu'il n'a pas reçu ... et ne voudra pas frustrer son enfant. C'est souvent la mère qui réagit ainsi, ce qui exaspère le père d'autant qu'il se sent délaissé … Souvent, les femmes, après leur premier enfant ne sont plus intéressées par leur mari : il doit juste ramener de l'argent et ne pas contrarier leur maternage, excessif dans ce cas ! S'occupant des enfants elles se sentent toutes puissantes et culpabilisent leur conjoint à la moindre occasion ! Et souvent les hommes, non conscients de la problématique de leur femme vont en effet se sentir coupables … qui s'occupe plus des enfants par exemple ! Les hommes veulent avant tout avoir la paix, ils manquent souvent de courage face à la détermination obstinée de leur femme ! Ils fuient ! Il n'y a pas d'Amour possible dans ce cas, juste une entente pour la vie pratique et la gestion des enfants. Avec l'espoir que ça change ! Mais rien ne changera si l'on n'a pas repéré les obstacles à l'Amour ! Que suppose Aimer ? Aimer l'autre suppose s'aimer soi-même , avoir conscience de ce qu'on est et l'assumer. Non se créer un personnage pour masquer nos tourments intérieurs ! “Toute personne qui n'est pas en amour avec elle-même est un danger pour les autres !” Pourquoi ? Parce qu'on ne peut pas donner à l'Autre ce qu'on ne se donne pas à soi-même ! Et lorsqu'on utilise l'Autre au lieu de l'aimer ce n'est pas de l'Amour. Vouloir modeler l'autre pour qu'il corresponde à nos besoins n'est pas de l'Amour. C'est du besoin ! Bien sûr qu'on a des besoins ! C'est juste humain ! Ce n'est problématique que lorsque la personne est incapable de mettre sa “logique” entre parenthèses pour entrer dans celle de l'autre (ce qu'on appelle empathie). Dans ce cas il n'y a pas deux personnes ensemble, mais deux personnes côte à côte - qui ne peuvent pas se rejoindre ! Par facilité certaines personnes fusionnent et deviennent même “plus royalistes que le roi” pour avoir un “semblant” d'amour ! La fusion est le fait de se fondre dans la logique de l'autre, au point de perdre la sienne. Il n'y a plus d'échange, il n'y a pas deux personnes mais une ! Quelquefois le couple ne tient que grâce à cette opération ou l'un se sacrifie ! Lorsqu'on aime quelqu'un on est capable d'être compréhensif, indulgent. On peut négocier. On ne pense pas qu'à soi ! Qu'est-ce qui empêche de se comporter ainsi ? Des souffrances infantiles non reconnues (peut-être intellectuellement mais pas assumées émotionnellement) qui empêchent la personne de se comporter en adulte ! L'enfant blessé en elle se sent tout à fait légitime d'exiger ! Elle n'a pas à donner ! Ou qu'à condition ! ... Et lorsque l'Autre la remet en cause il devient le méchant ou celui qui a des problèmes ! ... Pourquoi tant de couples se séparent ou ne sont pas heureux ensemble ? A cause de l'illusion que l'Autre va me combler, que c'est gagné : c'est le repos du guerrier ! À cause de la méconnaissance des fonctionnements humains : si je ne comprends pas les miens comment puis-je comprendre ceux de l'Autre, avec la différence sexuelle en plus ? La sexualité est encore un sujet tabou ! Elle pose des problèmes à beaucoup mais peu en parlent car il faut faire mine d'être grand ! Les femmes s’abritent derrière la maternité, les hommes dans la vie professionnelle. Assumer sa sexuation n'est pas chose aisée ! S'il n'y a pas eu assez de valorisation et de permission, de modèle d'identification, on dépend de l'Autre pour être reconnu homme ou femme : il devient le référent ! C'est dangereux car s'il n'est pas lui-même assez mature il n'aura pas le bon comportement. Mais une personne qui n'a pas intégré en elle sa valeur grâce à une construction solide va forcément en conclure qu'elle n'est pas assez belle, pas assez désirable. Elle n'osera pas en parler et pourra essayer de se rassurer comme elle peut ... Notamment en contrôlant l'Autre. Alors il y a un gouffre entre lui et elle ! Et ça ne permet pas de s'aimer comme homme et femme ! Ils sont adultes socialement mais petit garçon et petite fille émotionnellement. Les deux sont malheureux et insatisfaits. Les hommes ont besoin d'être reconnus sexuellement et ne comprennent pas que les femmes ont besoin d'être comprises et valorisées pour les désirer. Les femmes se comportent souvent comme des petites filles qui croient que leur conjoint est tout puissant ! Elles ne repèrent pas leur fragilité - ou l’exploitent. Ce malentendu est entretenu par la Non Communication . Chacun ayant des peurs profondes va essayer de “bricoler” une entente mais elle est superficielle. Pour avoir une intimité physique il faut commencer par l'intimité morale (ce que les hommes ignorent souvent !) Pour avoir une intimité morale il faut être capable de parler, de se parler vrai, non d'éviter les conflits. Il ne faut pas s'écraser, se replier sur soi, fuir, à moins d'être peu exigeant sur le respect de soi-même et le désir d'exister vraiment et de se réaliser. Il faut être curieux de l'Autre, intéressé par sa différence plutôt que de la lui reprocher ! Les reproches sont souvent le signe d'un manque d'autonomie. En effet lorsqu'on a assez d'estime de soi et qu'on se réalise on est moins enclin à attendre que l'Autre nous donne la permission d'Exister ! On prend le risque d'être soi-même et, éventuellement de déplaire ... Et on prend le risque de la rupture ! Alors que lorsqu'on est dépendant de l'Autre on se sent menacé si l'on n'est pas approuvé, ceci faisant écho au fait de ne pas avoir été suffisamment reconnu par nos parents, voire même d'avoir été discrédité. Ceci laisse des traces puissantes et empêche l'Amour : de soi et des Autres ! On ne peut pas aimer dans la peur . On aime lorsqu'on se sent confiant ! Il y a des couples qui démarrent sur une illusion de facilité et qui ne peuvent qu'être déçus. il y en a d’autres qui sont conscients de leurs problèmes et qui malgré les écueils vont réussir à les dépasser progressivement et arriver à une vraie vie de couple harmonieuse faite de respect de l'Autre, de sa différence et réussir ainsi à partager une réelle complicité . C'est impossible lorsqu’un des deux est obstiné et ne veut rien changer à sa façon de voir ! L'Amour est-ce qui a manqué à ces personnes ! La peur (rationalisée) les incite à être sur le pied de guerre. Elles sont inaptes à aimer si elles ne reconnaissent pas leurs blessures ! L'amour est ce qui manque le plus car bon nombre de personnes n’en ont pas reçu suffisamment pour être capables de s'aimer et de ne pas projeter sur l'autre la mauvaise image qu'elles ont d'elles-mêmes ! Elles sont alors dans une stratégie défensive , voire hostile : elles ne sont pas dans la réalité d'aujourd'hui mais dans celle d'hier ! Aimer est impossible dans ces conditions ! Et l'autre en face s'il n'est pas assez fort pour être sûr de lui est piégé : quoi qu'il fasse ce ne sera jamais assez ! Car, sous couvert de rationalisations, il doit être exactement comme l'Autre ! Ce faisant, il n'aime pas non plus : il préserve sa - fausse - tranquillité ! L'amour grandit lorsqu'il est vrai et ne s'étiole pas avec l'âge comme pensent de nombreuses personnes ! Bien sûr, ce n'est pas facile de ne pas être égoïste, de ne pas se comporter en enfant qui veut qu'il n'y ait que lui qui compte ! Apprendre à aimer est une merveilleuse aventure ! Mais ce n'est pas facile ! La condition est de s'aimer d'abord soi-même et si ce n'est pas le cas de le reconnaître et de prendre les moyens d'évoluer ! L'interaction de problématiques dans les couples semble plutôt entretenir les mauvais fonctionnements de chacun et tout figer. Les peurs sont à l'œuvre de part et d'autre. Les peurs sont de véritables poisons qui empêchent toute évolution. Qui a peur ? Ce n'est pas l'adulte, c'est l'enfant en nous. Parlons-en pour avoir une chance de nous libérer et de grandir ! Nous ne sommes pas coupables d'avoir des peurs mais de ne pas les reconnaître oui ! L'être humain est complexe, sensible, fragile alors inutile de croire à la facilité ! Les difficultés ne sont pas insurmontables et à mon sens, une vie qui vaut la peine d'être vécue n’en est pas exempte ! Céder à la facilité immédiate est contraire aux vraies valeurs car cela suppose la répression de la vie qui est un mouvement évolutif basé sur la souplesse, non sur la rigidité, signe d'un système de défense qui non seulement bloque des potentiels précieux mais rend méchant : c'est la Guerre, pas l'Amour ! L'Amour est ce qui manque le plus ! L'amour est ce qui a manqué à ces personnes qui aujourd'hui sont dans des calculs pour obtenir sans donner ! Prendre, prendre ... est leur ligne de conduite. Elles foncent tête baissée, sans subtilité. Et elles trouvent des appuis qui confirment qu'elles ont raison puisqu'ils sont si nombreux ceux qui sont aveugles sur les vraies causes de leur vision erronée de la réalité d'aujourd'hui, à moins que, pire ce ne soit machiavélique ! Et là le conformisme ambiant musèle le questionnement pourtant libérateur ! Il est difficile de se différencier : il faut cacher ce qui ne va pas. Dans ces conditions celui qui ne s'inscrit pas dans l'ignorance et le mensonge collectif servira de bouc émissaire car il dérange trop les menteurs et les voleurs ! ... Et la loi du grand nombre fait office de Vérité ! L'Amour peut être bafoué, suspecté pour ceux qui en sont dépourvus ! Une personne qui a manqué d'amour a du mal à en donner elle est dans l'attente de recevoir et comme ce n'est jamais assez, l'amour initial peut se transformer en haine ! L’Amour suppose d'être libre. Être libre suppose ne pas avoir peur. Ne pas avoir peur suppose être adulte, non un enfant qui a peur des représailles. L'amour est intelligence, subtilité, délicatesse ! Aimer l'autre suppose s’aimer soi-même ! L' honnêteté fait défaut aux personnes qui ne savent pas aimer ! Elles ignorent leur inconscient ! Qu'est-ce qui s'y cache ? La jalousie, l'envie, la rivalité les empêchent d'aimer, les amènent à haïr ce qu'elles aiment au fond ! Ce qu'elles croient qu'elles ne peuvent pas être ! Ignorant qu'être est le travail de toute une vie ! Quand on y travaille on n’éprouve pas le besoin de détruire ce qui nous fait miroir, on s'en sert comme d'une stimulation ! Certaines personnes le font et apaisent petit à petit leurs tourments. D'autres croient qu'il faut briser le miroir pour être sereines. C'est un leurre complet ! Leur “enfant intérieur” ne sera jamais rassuré, il devra toujours lutter contre un éventuel danger. Une personne qui ne s'aime pas suffisamment mais est dans le déni de ses tourments va en vouloir à une personne qui existe telle qu'elle voudrait être ! Au lieu de s'en donner les moyens elles peuvent dénigrer et tenter de nuire à cette personne afin de ne plus être perturbées par son complexe d'infériorité et son sentiment d'impuissance à évoluer.  Ces personnes ne peuvent pas aimer car elles sont sur le “pied de guerre” même si elles peuvent donner l'illusion d'être “gentilles”. Ce n'est que pour mieux cacher leurs sombres sentiments ! Elisabeth Bocquet Psychanalyste à Dinard www.bocquet-elisabeth-psychanalyste.fr
par Élisabeth Bocquet 21 mai 2026
Les conflits sont fréquents, chacun en a l'expérience. Certains les affrontent, d'autres en ont tellement peur qu'ils préfèrent faire le dos rond et se soumettre au point de finir par fusionner avec “l'agresseur” et parfois de devenir “plus royalistes que le roi” ! Les hommes ont tendance à réagir de façon agressive lorsqu'ils se sentent “menacés” c'est-à-dire provoqués à sortir de leur tanière, leur “havre de paix” ! Les femmes face aux “résistances” des hommes à accepter d'y voir plus clair ont tendance à réagir en “petites filles”. Les femmes attaquent, les hommes fuient ! Les femmes ont le mérite de vouloir y voir clair et le désir de faire évoluer les choses ! Malheureusement elles ne se rendent pas toujours compte qu'en doutant trop facilement d'elles, elles sont victimes du peu d'assurance que leur histoire leur a fournie ! Donc elles crient, elles pleurent et ne gardent pas leur CAP ! Les hommes en profitent ! “Elle pique sa crise, elle va se calmer et tout rentrera dans l'ordre !” Mais ces interactions problématiques ne permettent pas un amour d'adulte et ça peut donc finir très mal ! Car si chacun reste dans sa “logique” automatique, la communication est impossible, les ressentiments s'installent et l'amour est abîmé ! Il y a d'autres cas de figure où ce sont les femmes qui bloquent toute évolution : tyranniques elles s’érigent en femmes parfaites et laissent peu de place à l'Autre pour exister ! Or, on ne se défend pas de façon virulente sans raisons ! Mais encore faudrait-il se poser des questions pour en trouver les vraies causes ! Que ce soit de façon agressive, par le déni ou par la soumission, des peurs sont à l'œuvre qui incitent à refouler une difficulté jugée insurmontable. Peurs malheureusement trop souvent justifiées par des causes extérieures à soi alors qu'elles résident dans notre intérieur ! Il en résulte une stagnation de la problématique puisque lorsqu'on accuse l'Autre sans s’examiner soi-même on ne peut pas réparer ce qui nous a jadis blessé ! Car le problème est surtout que très souvent l'accusation ne se porte pas sur la personne réellement responsable de nos tourme nts ; il y a déplacement ! ( Un transfert dit-on en langage psychanalytique). Un “bouc émissaire” est pris en otage pour lui en attribuer la faute ! C'est une sorte de “folie” puisqu'il y a un déni de réalité et une obstination souvent violente à s'acharner sur une victime innocente qui ne comprend pas ce qui lui tombe dessus ! Et les tentatives de réassurance qu'on peut lui fournir sur la sincérité de notre estime et de notre amour pour elle ne font pas le poids par rapport à son bagage inconscient ! D'ailleurs son arme c'est la fuite , le refus de dialoguer ! De quoi s'agit-il ? Lors de notre construction avec nos parents nous acquérons un schéma relationnel de base : nous avons une relation particulière avec notre mère, avec notre père, avec notre fratrie ! Cette relation est nourrie par des messages, qui peuvent être positifs, négatifs, ambivalents ou absents : Messages verbaux, mais pas uniquement : l'attention ou la négligence sont aussi des messages ! Ai-je de l'importance ou pas ? Or, un enfant fait “feu de tout bois” pour se définir : il faut bien partir de quelque chose ! L'attitude de nos parents à notre égard est cruciale et aura des conséquences à l'âge adulte pour le meilleur et pour le pire parfois ! La situation la plus courante est plutôt “pas catastrophique”, mais pas assez satisfaisante, pas assez juste pour ne pas avoir de troubles ! C'est même dans ces cas-là que les personnes posent le plus de problèmes aux autres car elles n'ont pas l'impression qu'elles en ont ! Qu'est-il fondamental d'avoir reçu pour être un adulte “suffisamment sain” ? De l' Amour bien sûr ! Comment peut-il se traduire concrètement ? En ayant une vraie présence. En étant disponible donc ! En voyant l'enfant pour ce qu'il est non en reportant sur lui le propre schéma relationnel que j'ai eu avec ma famille d'origine ! Voici un exemple d'une relation qui commençait très mal entre une mère et sa fille ! Et qui d'ailleurs a perduré ! Une de mes patientes qui tentait de créer une vraie communication avec sa mère à l'âge adulte en lui expliquant ce dont elle avait manqué et souffert lui répond : “Dès ta naissance tu m'as regardé noir !" Certainement que cette femme voyait en sa fille la mauvaise mère qu'elle avait eue ! Une autre patiente avait une mère qui ne l'avait pas investie étant sans cesse tournée vers sa propre mère dans l'espoir de recevoir ce qu'elle n'avait jamais reçu ! Et lorsque sa fille avait besoin d'elle, elle éprouvait de la haine et lui manifestait par des messages extrêmement négatifs ! Les mères reportent souvent sur leurs filles les frustrations qu'elles ont eues avec leur propre mère : elles n'ont rien reçu de bon, elles n'ont donc rien de bon à donner ! Et comme elles n'ont pas admis la réalité de leur histoire, elles se défoulent sur leur fille de leurs blessures anciennes et accusent leur fille d'être une mauvaise fille… Compliquée disent-elles souvent ! Elles sont souvent capables par contre d’aimer leurs fils ! Qu’elles peuvent même idéaliser ! Ce fut aussi le cas de ma mère ! Son fils était intouchable, un saint ! Il a très bien appris la leçon d'ailleurs : il s’est toujours cru parfait, irréprochable tandis qu'il m'a toujours accusé d'être une mauvaise personne qui ne fait jamais ce qu'il faut, n'a jamais la bonne mesure ! Explication analytique : Ma mère avait éprouvé beaucoup de jalousie envers sa sœur cadette, de deux ans de moins qu'elle, très différente, fantaisiste, alors que ma mère était très raisonnable et elle a reporté ses ressentiments sur moi, car aimée de mon père dès la naissance j'étais coupable ! Une rivale, comme l'avait été sa sœur ! Les “rôles” qu’on leur avait attribués étaient trop différents. De la même façon ma mère donnait systématiquement raison à ma sœur, très différente de moi dans laquelle elle se reconnaissait ! Elle a complètement reporté son scénario familial sur nous sans jamais vouloir reconnaître quoi que ce soit : pour elle aussi j'étais… Compliquée! Il n'y avait rien d'autre à comprendre ! En tout cas elle m'a bien compliqué la vie ! Ces programmations de rôles sont de la graine de conflits ! Mais il y a aussi les pères ! Que font-ils ? Que disent-ils ? J'ai connu une jeune fille qui avait deux sœurs : chacune avait reçu un rôle : La première, l'aînée, était là « responsable », survalorisée sur ce plan - la garante de la cohésion familiale ! La troisième était la « petite princesse » : très jolie, valorisée pour son physique, encouragée dans une activité artistique. La seconde que j'ai plus connue, celle du milieu avait joué le rôle de « garçon » et n'était pas du tout valorisée en tant que fille : sexuée fille ! Pas parce qu'elle n'était pas jolie mais à cause des besoins de son père qui avait sûrement eu envie d'un garçon ! Son rôle était de soutenir ses parents dans leurs difficultés. Tentée pendant un temps de sortir de ce rôle et de ses limites, elle chercha à s'en libérer mais sans affronter émotionnellement ses frustrations infantiles grâce à un travail thérapeutique. Un sentiment de culpabilité la rendait ambivalente : elle était entre deux mondes mais sans en avoir conscience ! Il ne fallait pas trahir ses parents, il fallait rester fusionnel, tout en prétendant être indépendante. Son rôle de sauveuse de ses parents se réactiva à fond lorsqu'elle a eu des enfants. Quelques manifestations problématiques de ses enfants liées à son manque de vraie disponibilité ne la firent pas se poser de questions sur son fonctionnement : son histoire et ses conséquences ! Elle inventa donc une “histoire” pour rendre quelqu'un responsable à sa place, entraînant son conjoint, trop faible, à fusionner avec ses élucubrations mensongères ! Une personne qui s'aime et a suffisamment confiance en elle peut reconnaître ses difficultés, et chercher à évoluer ! Elle n'a pas peur d'être jugée, dévalorisée si elle n'est pas parfaite. Par contre une personne qui fonctionne avec un “Faux Moi” est inquiète d'être démasquée par une personne lucide. Elle doit s'en débarrasser ! Pour justifier le rejet il lui faut trouver des raisons ! Des mensonges feront l'affaire et le refus autoritaire de dialoguer bétonneront le conflit ! Quand on n’est pas honnête c'est d'ailleurs impossible car l'argumentation mensongère ne tiendrait pas la route ! Il faut juste salir la personne accusée et ne lui laisser aucune possibilité de réponse ! Est-ce conscient ou inconscient ?! Ces personnes font beaucoup de mal car il leur faut toujours un “bouc émissaire” pour se débarrasser de ce qu'elles ne veulent pas voir en elles ! Pour que la vie soit… Si simple Pas de résolution de conflit possible avec ce genre de personnes ! Car tant que quelqu'un ne reconnaît pas l'impact que son histoire infantile a eu sur lui il en restera prisonnier et aura une vie extrêmement rétrécie et gare à ceux qui manifestent leur liberté d'exister ! La mère de cette jeune fille avait aussi, vous l'aurez compris manqué d'une vraie mère ! Voilà comment les problèmes se transmettent de génération en génération ! Et que les conflits s'incarnent dans les relations ! Cette ignorance des méfaits d'une construction défaillante rend l'évolution impossible et provoque des conflits insolubles : celui qui y voit clair est l'ennemi qu'il faut abattre et vous connaissez l'adage : « Lorsqu'on veut piquer son chien on dit qu'il a la rage » ! Au fond ces personnes ont une piteuse image d'elles-mêmes et elles vous en veulent si vous n'êtes pas dans le même cas ! Vous devenez un objet de haine parce qu'elles vous envient ! Mais sans prendre les moyens pour parvenir à ce à quoi vous êtes arrivé ! Au lieu d'être évolutives elles ont érigé un système de défense ! Un système de défense est une posture adoptée pour faire taire les tourments provoqués par des complexes non reconnus, avec le recours à la rationalisation qui empêche toute analyse, donne des explications faciles aux problèmes mais la plupart du temps erronées ! Il s'agit de personnes qui ne sont pas dans une souffrance telle que ce serait vital de se poser des questions ! Dotées du culot que peut favoriser l'inconscience, elles arrivent à imposer leur loi : elles poussent des coudes pour ne pas être contredites, savent parfaitement y faire grâce à leur fausse assurance qui bluffe ceux qui fonctionnent honnêtement ! Elles vous séduisent par une “gentillesse” affichée ! “Tu cherches trop la vérité des choses”, m'a reproché la jeune fille en question devenue mère… Pour qui je représentais désormais un “témoin gênant" ! Beaucoup de personnes veulent juste “prendre”. Vous vous en apercevrez à l'occasion d'un conflit qui n'a pas sa raison d'être par les faits, la réalité d'aujourd'hui mais est dû à la construction de la personne qui a une revanche à prendre et est prête à tout pour y parvenir ! Elle veut tout pour elle et à moindres frais : c'est une Voleuse ! Car pourquoi refuse t-elle le dialogue qui permettrait la compréhension du “conflit fabriqué de toutes pièces” ? Parce qu’elle ne veut pas parler vrai : ça menacerait son système de défense : sa sensibilité pourrait être mise à nu, elle craint alors de s’effondrer et de perdre les avantages de certitudes jamais contredites ! Pour éviter ce danger elle doit se persuader que vous êtes une menace pour elle : il ne s’agit plus seulement de vous tenir à distance et de vous manipuler mais de vous accuser ouvertement - par-derrière cependant ! - Elle sait plus ou moins confusément que ses accusations, ses reproches sont infondés mais elle en a besoin pour maintenir sa “zone de confort”. Et puis avec le temps, à force de se persuader de leur véracité elle a fini par y croire ! Car elle trouve plus avantageux de fonctionner avec un système relationnel préétabli que d’être présente dans la relation : de la même façon que petite on lui a attribué un rôle, aujourd’hui c’est elle qui vous en attribue un et elle ne veut surtout pas voir les choses avec plus de souplesse et de liberté ! Alors elle fuit : elle vous fuit car elle sait qu’elle n’a pas d’argument valable à vous opposer ! Elle inverse donc la situation : tout en vous noircissant par-derrière auprès de ses “supports fusionnels” elle se fait passer pour la victime ! Ainsi elle maintient sa “logique” et mène son petit monde à la baguette tout en se donnant des airs de “bonne fée”. Elle est à la fois consciente de ce qu'elle fait et inconsciente de pourquoi elle se comporte ainsi ! Y a-t-il beaucoup de gens qui fonctionnent ainsi ? Oui ! Et c'est pourquoi lorsque vous êtes sincère, honnête c'est vous qui êtes accusé d'être nuisible, toxique pour employer le mot à la mode ! Vous dérangez ceux qui veulent “prendre” sans donner ! Ceux qui organisent leur petit monde, afin de ne plus trouver d'obstacles sur leur chemin ! Ils en ont eu assez lorsqu'ils étaient enfants ! Aujourd'hui il faut que tout le monde paie pour leurs frustrations anciennes ! Et leur manque de confiance en eux qu'ils camouflent par une fausse assurance qui les pousse à se débarrasser de qui pourrait voir clair dans leur jeu ! Ils sont stratégiques, manipulateurs et c'est pourquoi on tombe dans le piège jusqu'au jour où ils se trahissent par leur fuite injustifiée lors d’un conflit, révélateur alors de ce qu'ils veulent cacher : leurs vrais problèmes, liés à des peurs non reconnues ! J'espère ne pas être trop abstraite ! Vous avez sûrement des exemples de conflits qui perdurent sans aucune évolution ! Intéressez-vous à l'histoire familiale de la personne, sa construction, ne cédez pas au réflexe de vous remettre systématiquement en cause, observez son “jeu” et vous comprendrez que souvent vous n'y êtes pour rien dans ce conflit, vous devez juste servir à justifier leur attitude de fermeture pour que cette personne garde une “bonne image d'elle-même” bien ficelée, au-dessus de tout soupçon et que le problème soit… Vous ! N’en croyez rien ! Les personnes vous accusent souvent de leurs propres défauts ! Observez ce phénomène de projection ! Le monde est régi par le mensonge, les rapports de force. La Vérité fait peur ! Peu de personnes ont le courage et la force de se voir telles qu'elles sont et d'assumer leurs blessures infantiles. Que dans la vie sociale on soit obligé de “jouer le jeu” ça peut se justifier et fait lucidement, c'est une stratégie nécessaire, mais dans la vie privée c'est déplorable ! Pour être capable de ne pas être victime du système de défense des autres, il est indispensable de se connaître soi-même et d'avoir conscience que les autres ne fonctionnent pas comme nous ! Il faut avoir confiance en soi et savoir que peu de personnes s'aiment vraiment : alors elles projetteront sur vous la mauvaise image qu'elles ont d'elles-mêmes et vous feront des “procès d'intention” résultats de leur histoire non digérée ! Même pas reconnue souvent ! Ou elles vous utiliseront pour leurs besoins et ce sera votre rôle et la condition de la relation : dans un couple une telle personne est tyrannique : si vous ne passez pas par où elle veut elle vous accuse d'avoir un problème et vous menace de vous quitter si vous ne changez pas ! Si vous êtes dépendant de cette personne et n'osez pas prendre le risque de la rupture vous resterez soumis pour ne pas risquer de la perdre ! … Si vous doutez de vous, elle exploitera vos failles et vous resterez sa “proie”. La prochaine fois je parlerai de ma vision de l’Amour, ce qu'est le Vrai Amour ! Lorsque les conflits ne trouvent pas d'issue, puisqu'il faut être deux personnes honnêtes et de bonne volonté pour y parvenir il y a deux conséquences possibles : Être atteint sur le plan affectif puisque vous avez aimé sincèrement cette personne et n'avez jamais rien fait pour lui nuire ! Être atteint sur le plan existentiel. Ceci est beaucoup plus grave ! Car vous laissez à l'Autre le pouvoir de vous définir ! Vous n'êtes pas assez sûr de vous ! Il faut y remédier ! Concernant le plan affectif nous n'y pouvons rien puisque nous sommes impuissants face aux résistances de l'Autre à reconnaître ses torts ! Par contre nous avons le pouvoir de ne pas nous laisser détruire en gardant notre cap et en ne cédant pas à la “facilité” du doute ! Si nous avons tout fait pour sortir du conflit nous ne devons pas en faire une obsession ! Peut-être trouverons-nous à cette occasion encore plus de force en nous-mêmes et, fidèles à nos convictions, nos valeurs nous exploiterons encore mieux nos capacités, à partager avec des personnes réellement humaines : capable de sensibilité, de respect de l'Autre, capables de donner de l'Amour (à différents niveaux bien sûr !) ce qui est impossible à des personnes qui ignorent que leur enfant intérieur, pétri de peurs et de carences, ne cherchent qu'à les faire taire, à cacher leur vrai visage et à “utiliser” les autres sans scrupules ! Personne n'est indemne de réactions inappropriées, chacun a ses zones de fragilité ! Ce qui importe c'est d'en être conscient et de faire amende honorable lorsqu'on a eu tort de prêter des mauvaises intentions à l'Autre. Ce qui importe c'est d'avoir de la souplesse et non de s'accrocher à un système de certitudes sans avoir même le courage de les confronter. Ainsi j'affirme que les conflits pourraient trouver une issue très favorable dans l'intérêt des deux parties ! Malheureusement cela nécessite de faire un travail sur soi que tout le monde n'a pas ! La facilité immédiate est trop souvent d'éliminer celui qui dérange l'organisation psycho-affective en place, celui qui, malgré lui et sans aucune malveillance, provoque un “dérangement” de ce système. Le désir était juste d'avoir une relation authentique, un échange humain ! Les conflits émanent des blessures infantiles et ne sont pas inéluctables. Tout dépend de la qualité de vie souhaitée ! Elisabeth Bocquet Psychanalyste à Dinard www.bocquet-elisabeth-psychanalyste
par Élisabeth Bocquet 21 mai 2026
Vous a-t-on déjà asséné ce reproche implacable qui vous plonge dans la tristesse de ne pas vous sentir compris sur un sujet qui vous tient à cœur mais bien plutôt d'être jugé coupable ! Vous êtes un trouble-fête ! Une personne à qui l'on dit cela est en général une personne très sensible, respectueuse des limites de l'Autre, mais trop indulgente ! Elle est honnête et a facilement de l'empathie, donc elle s'attend à ce qu'on en ait aussi pour elle dans un moment difficile ! Elle n'a pas encore compris que l'Autre ne fonctionne pas comme elle ! Elle faisait confiance ! C'est bien, mais il ne faut pas faire une confiance aveugle parce que ça peut être destructeur ! Ni accepter trop de frustrations en donnant toujours des excuses à l'Autre, parce qu’ainsi il y a le risque que cette distribution des rôles ne finisse par poser problème ! Il faut savoir être justement exigeant ! Ne pas prendre l'Autre pour un enfant ! Sous peine d'être bien déçu lorsque nous aurons besoin d'avoir un adulte en face de nous ! Ces interactions relationnelles ont pris racine dans notre famille d’origine et peuvent perdurer dans notre relation de couple, avec nos amis et dans le milieu professionnel. Tout dépend de ce que nous en avons fait par la suite ! Avons-nous pris conscience de nos traumatismes, de nos manques, de nos fragilités ? Avons-nous cherché à nous réparer ? Ou nous sommes-nous contentés de nous adapter en faisant taire notre Vrai Moi qui aurait pourtant eu beaucoup de choses à dire, à exprimer, à ressentir ? Les expériences infantiles laissent des traces profondes qui se manifestent aujourd'hui par des peurs non reconnues, souvent, donc pas assumées ! Peurs que beaucoup essaient de faire taire pour ne pas avoir l'air bête ! Parce que l'intérêt pour notre monde intérieur ne fait pas partie des priorités puisque son importance n'est pas reconnue officiellement ! Il faut être efficace ! Avoir un travail rémunérateur, trouver un conjoint, des enfants, une maison... Ça au moins c'est sérieux. Mais les états d'âme ! Oh la la, qu'est-ce que c'est dérangeant ! Certains essaient mais il faut dire que ce n'est pas facile de se montrer Vrai ! Il faut être fort ! Pour être fort il faut avoir reçu suffisamment de valorisation et d’approbation pour ne pas douter de soi en face d'une majorité qui semble s'accommoder si bien d'une vie dépourvue d'une exigence de qualité ! Pourquoi cet endormissement ? Pourquoi “pacter avec l'ennemi” ? Je veux dire avoir si bien appris ma leçon que je ne me révolte pas contre mes inconforts : je m'y adapte, je ménage l’autre et je compense ! Il y a tellement de façons de compenser ! Déjà se mentir à soi-même en se persuadant que : “ça va !.… Ça va ! …” En fuyant dans le travail, dans la maternité, dans le sport, avec des amies, etc. Qu'est-ce qui est à la base de ce fonctionnement qui m'empêche de m’affirmer ? Qui me pousse à me cacher en me taisant ? Un sentiment d'impuissance (qui est donc lié à l'enfance) qui incite à la résignation. La peur de perdre l’Autre… Le choix de la facilité immédiate. Positions de repli qui finiront peut-être par une rupture brutale pour tenter de me récupérer ! Faut-il en arriver là ? Sans compter que je recommencerai probablement ce scénario avec quelqu'un d'autre ! Pourtant un adulte peut agir dans la plupart des cas ! Personne n'a à subir l'insupportable ! Personne n'a à s'écraser pour maintenir une fausse paix ! “Je ne veux pas de conflit, je veux être paisible” dit une personne qui redoute de les affronter ! Mais le conflit refoulé agit à l’intérieur d’elle-même et la rend malade ! Les conflits sont inévitables dans les relations humaines ! Si nous sommes deux personnes honnêtes et de bonne volonté nous pouvons en faire quelque chose de constructif ! Que deviennent les conflits non exprimés ? Ils pourrissent la relation d'une part, car inévitablement des ressentiments s’installent ! Un jour ou l’autre ça éclatera ! Ils se retournent contre nous avec des symptômes… Ils ne nous permettent pas de développer notre capacité existentielle c'est-à-dire de devenir le meilleur de nous-même, en perpétuelle évolution… Car en brimant notre liberté intérieure ils brisent les ailes de notre créativité. En fin de vie beaucoup de personnes qui n’ont plus les moyens de compenser ni la force de retenir leur agressivité vieillissent très mal ! On mettra ces comportements sur le compte de la vieillesse alors que leurs causes sont dues à ce qui n’a pas été résolu dans leur vie ! Comment faire donc lorsqu'une personne vous accuse d'être compliqués ? - Résistez à la tentation (la faiblesse !) de vous remettre en cause ! Vous n'êtes pas coupable d'avoir éprouvé des émotions et de les avoir naturellement exprimées à quelqu'un censé être proche, intime avec vous : votre conjoint, un(e) ami(e) … - Vous demander : Pourquoi donc cette personne n'a pas été capable de vous écouter ? Qu’au lieu de cela elle s’est empressée de vous donner un conseil complètement déplacé alors que vous aviez juste besoin d'être compris. Et que, plus grave encore, elle finit par vous accuser d’être compliqué ! La réponse est : Pour clore le sujet qui la provoque ! Je vais vous donner un exemple lié à une expérience personnelle : Récemment je fais part à une amie de longue date qui me téléphone, d'une action que j'ai effectuée dans l'espoir de régler une situation conflictuelle avec quelqu'un qui m'est très cher et la personne me répond : “Oh mais tu sais, les gens ne changent pas !” Et elle plaque aussitôt une récente expérience personnelle qui devait l'habiter, sur la mienne ! Elle brise mon espoir alors que l'espoir est toujours permis ! D'une part ! Et d'autre part j'aurais surtout eu besoin qu'elle s'y associe ce qui aurait été une preuve de son empathie à mon égard et m'aurait ainsi apporté chaleur humaine et réconfort ! Alors pourquoi cette affirmation brutale, cassante et fausse de surcroît, car il y a des gens qui changent ! Je suis bien placée pour le savoir ! Parce que c'est une personne qui ne s'est pas battue pour le changement justement ! Elle s'est adaptée à une situation dont elle se plaint pourtant et a mis tout un système de défense en place pour pouvoir la supporter ! Au prix de sa santé, qui se dégrade de plus en plus ! J'ai osé protester et lui dire ce que sa réflexion avait provoqué en moi mais elle n'a pas rectifié le tir ! “Je voulais te mettre en garde” a-t-elle insisté ! Continuant de ne pas s'intéresser à mes affects ! En fait elle me suggérait plutôt de faire l'autruche, comme elle ! Elle ne reconnaissait pas sa faiblesse, son aveu d’impuissance et elle érigeait son option fuite en bon système ! Quand j'ai essayé de lui faire remarquer que je ne pouvais pas fonctionner comme elle, elle m'a sorti la phrase fatale : “Je suis attristée par tes propos trop compliqués pour moi !” C'était compliqué pour elle d'aller sur le terrain de la sensibilité à cause de tout ce qu'elle tente de refouler (mais que son corps exprime !) pour que sa vie soit simple ! … Je l'ai rarement remise en cause sur son déni des problèmes jusqu'à ce jour où elle a condamné mon obstination à les affronter, refusant ainsi ma différence ! Je ne suis pas compliquée, je suis exigeante ! Je ne transige pas avec la vérité et bien des gens me le reprochent ! Pour les mêmes raisons que cette amie ! En fait avec beaucoup de personnes on est tout simplement interdit de sensibilité ! Ça vient tellement ébranler leur système de défense que leur réflexe est de tout de suite se barricader. On ne peut pas aller sur ce terrain-là avec elles ! La relation est donc figée, elle ne peut pas évoluer ! Soit vous avez la force et l'envie d'accepter de ne pas pouvoir être spontané soit vous rompez ! Ce qui pose problème dans notre relation ce n'est pas tant l'option (tellement réductrice !) que cette personne a prise pour ne pas “se compliquer la vie” que le fait qu'elle n'est pas consciente de son fonctionnement et alors elle me reproche le mien : “Les proportions que ça prend” s’indigne-t-elle ! … “Tu montes les choses en épingle !” Et crescendo : “Je suis mortifiée !” Notez que ce terme extrême est surprenant de la part de quelqu'un qui est censé ne pas dramatiser ! Comment avoir une relation satisfaisante avec quelqu'un qui ne veut pas sortir un peu de sa “logique” pour entrer un peu dans la vôtre ? Ce manque d'empathie est insupportable ! Mais bien sûr, on ne peut pas donner à l'Autre ce qu’on ne se donne pas à soi-même ! Si je me force à accepter des choses inacceptables je ne peux pas être à l'écoute des blessures de l'Autre ! Il doit en faire autant et surtout, ne pas en parler ! Lorsque je lui ai proposé qu'on clarifie la situation elle a refusé, elle voulait attendre que je sois plus paisible ! (L'équivalent du : va te calmer dans ta chambre que certains parents profèrent à leur enfant ! Alors qu’il a justement besoin de se sentir compris !) Pourquoi en est-on arrivé là ? En quoi suis-je responsable de cette situation ? Comme j'étais dans une relation affective avec cette personne, j'ai minimisé son mauvais fonctionnement, pour ne mettre en valeur que ses points forts ! Je n'approuvais pas son système de fuite, son ambiguïté mais je me persuadais qu'elle ne pouvait pas faire autrement, que c'était trop dur pour elle ! En une trentaine d'années j'ai dû exprimer seulement 2 ou 3 fois mon désaccord ! Mais j'ai senti qu'il ne fallait pas trop aller sur ce terrain-là ! Que je devais tout accepter sous peine d'être jugée “écraseuse” - Ce que ma sœur m'a souvent reproché - ce n'est pas anodin ! … En effet, tout en ayant travaillé la question et surmonté l'essentiel de mes traumatismes familiaux, il reste des séquelles ! À cause de cette accusation qui m'a d'ailleurs empêchée de vivre pendant des années, je n'ai souvent pas osé contredire l'autre ! Je cherchais à être juste ! Mais finalement je ne l'étais pas avec moi-même ! Grâce à cette expérience désagréable j'ai compris que c'était une très mauvaise chose de vouloir être dans une fausse communion, une fausse harmonie ! Si on ne peut pas être libre d'expression dans une relation nous sommes dans des malentendus : chacun se croit accepté tel qu’il est alors que c’est une illusion ! Ce sont les conflits qui permettent bien souvent de mieux se connaître. Mais ce n’est possible que si les deux protagonistes sont évolutifs ! Car si l'un des deux est figé dans une posture défensive il vous accusera de l'avoir agressé et n’en démordra pas ! Et vous n’y pourrez rien ! Ce que j'en conclus c'est que c'est nuisible d'être trop indulgent avec quelqu'un qui n'a pas au préalable reconnu ses problèmes ! Car dans ce cas c'est nous qui faisons seul l'effort de la compréhension : la relation est déséquilibrée ! Et la personne trouve ça tout à fait normal, elle n'a pas conscience qu'on prend soin de ne pas la blesser et le jour où nous avons besoin qu'elle en fasse autant c'est tout le contraire qui se produit ! C'est donc très difficile d'avoir une relation avec quelqu'un qui ne se connaît pas, car même en étant très respectueuse de ses limites, le miroir que vous lui faites de par votre façon de vivre crée certainement une tension, qu'elle aussi garde secrète ! Chacun n'a pris que ce qui l’arrangeait chez l'Autre ! Je lui ai d'ailleurs fait cette remarque : “notre façon différente d'aborder la vie a fini par poser problème !” Je n'ai pas de réponse ! Il y a toujours à gagner sur notre “terre colonisée” ! Alors prenons le risque d'être vécu comme compliqué pour oser exister vraiment ! Osons affirmer notre différence sans nous sentir coupable ! Nous ne sommes pas la cause des problèmes qu'une personne cherche à tout prix à enfouir et elle n'a surtout pas à ériger son système de défense comme un modèle, preuve de son innocence ! On peut avoir de l'indulgence pour quelqu'un qui se débat avec ses peurs et prend les moyens d'évoluer mais pas pour quelqu'un qui est dans une posture, une organisation névrotique définitive ! Et en plus vous donne des leçons : c’est un comble ! Trop accepter de l’autre ne donne aucune chance à une évolution quelque fois possible. La vie est complexe, on ne peut la réduire au carré sans préjudices graves. Les personnes qui vous accusent d'être compliqué sont des personnes qui refusent cette réalité, elles se comportent alors comme des enfants qui veulent seulement jouer, non comme des adultes responsables ! Il est donc indispensable de se connaître pour ne pas douter de soi lorsqu'on est accusé injustement par des personnes qui ne se connaissent pas ! Il faut prendre le risque de déplaire et le risque de la rupture : c'est toujours préférable à l'écrasement de soi ! Le respect de l'Autre et de ses limites ne doit pas nous empêcher d'exister ! Une bonne relation est une relation où les deux peuvent s'exprimer librement pour une meilleure compréhension mutuelle et donc plus d'amour ! La vie “reposante” est une sorte de mort. C'est un leurre, une illusion, un déni. La difficulté fait partie de la vie et ceux qui n'acceptent pas cette réalité le paient très cher. Malheureusement ce n'est pas analysé comme tel ! Il y a toutes sortes d'explications qui déresponsabilisent et ne permettent pas de sortir de la prison des certitudes … À chacun de choisir s'il veut une vie digne de ce nom ou simplement vivoter ! Elisabeth Bocquet Psychanalyste à Dinard www.bocquet-elisabeth-psychanalyste.f
par Élisabeth Bocquet 21 mai 2026
Je rappelle que la rationalisation est un procédé par lequel je cherche à donner une explication cohérente à mes sentiments, émotions et comportement qui en découle, sans être conscient des véritables raisons ! Ce procédé est tellement répandu que peu de gens ont conscience de leurs peurs ! Je le constate : très souvent lorsque je fais remarquer à une personne qu'elle a peur, elle commence par nier, elle est surprise, elle ne savait pas qu'elle avait peur ! Les peurs reconnues sont celles qui se déplacent sur des “objets symboliques”. Car dans ce cas, la personne ne pense pas du tout qu'elle exprime quelque chose de très personnel ! En effet, qui se pose la question : Que représente l'objet de ma peur ? Une araignée, une souris, un chien ? Le vertige, la vitesse ? L'apprentissage de quelque chose de nouveau, l’aversion pour les mathématiques ? La claustrophobie, l'agoraphobie ? La peur du noir, de l'orage, des fantômes, de l’avion ? La peur de la maladie ? La peur d'un supérieur hiérarchique, d'un collègue et même… De mon conjoint ? Il y a des myriades de peurs qui se sont déguisées pour ne pas s'avouer ! Et c'est comme si tout était “normal” comme si ça ne posait pas question ! Pourquoi ce déni de nos peurs ? Parce que c'est une émotion désagréable, perturbante, dérangeante, la réaction automatique est de la balayer pour ne pas reconnaître nos fragilités ! Nier nos peurs est-ce sans danger ? Absolument pas ! Car si au niveau conscient j'élimine un inconfort, la peur insistera… Et il n'y aura aucune chance d'évolution de mon organisation interne : il y aura blocage ! Et… Symptômes physiques qui tentent d'exprimer ce que les mots n'ont pu dire ! D'où viennent nos peurs ? Pourquoi a-t-on si souvent peur (sans pouvoir nommer l'essentiel !) alors qu'il y a rarement de danger réel ? Nos peurs émanent d' un “schéma relationnel de Base ” qui nous a coupé du réel ! Le schéma relationnel de Base est ce que nous avons imprimé à notre insu de par la relation que nous avons eue lors de notre “construction” avec nos figures d'attachement : nos parents ! Lorsque nous sommes enfants nous avons un besoin vital d'amour et si c'est assez simple avec certains parents : on est facilement “sécurisé”, il n'en va pas de même dans bien des cas ! Un enfant ressent, sans qu'on le lui dise avec des mots ce qu'il peut ou non attendre de ses parents, s'il peut être spontané sans danger ou pas ! S'il peut s'exprimer ou se taire, pleurer ou ravaler ses larmes, crier ou être un gentil garçon, une gentille fille bien docile ! L'attitude de ses parents envers lui donne une image de lui-même. Tout est ingrédient pour bâtir l'idée qu'il se fait de lui-même, pour se définir ! Si ses parents sont présents, attentionnés à ses besoins, lui envoient des messages positifs, sont tendres, affectueux il aura une bonne image de lui et sera installé au fond de lui, sans effort, naturellement la conviction qu'il est une personne valable qui mérite le plaisir, le bonheur… Il sera sécurisé et il aura confiance en lui ! En effet plus on a confiance en soi, moins on se sent en danger ! Car alors on n'est pas la proie de l'Autre ! Si ses parents sont distants, sont peu soucieux du plaisir et du bonheur de leur enfant, qu'ils ne sont pas conscients de ses besoins de tendresse, d'affection, de câlins, de valorisation… Qu’ils sont “moralisateurs” et plutôt enclins à le prendre en défaut parce qu'ils ont une idée préconçue de ce qu'il doit être et ne pas être… L'enfant sera insécurisé, aura tout le temps peur de déplaire, d'être rejeté… Il se décentrera de plus en plus de lui-même pour se connecter à ses parents afin de deviner leurs attentes et leur convenir… Il vivra dans la peur ! Car souvent ce sont des impressions ressenties mais pas pensées. Il y a un climat de danger mais rien n'est clair. Il faut donc louvoyer pour échapper tant bien que mal au danger ! Un enfant ne sait pas ce qui est normal ou pas ! Il ne peut pas penser que ses parents dysfonctionnent, donc il pense que c'est lui qui n'est pas un bon garçon, une bonne fille ! Il s'adapte tant bien que mal dans l'espoir d'être reconnu valable ! Pas facile quand les choses ne sont pas claires ! C'est-à-dire quand les parents n'ont pas conscience de qui ils sont : quelles blessures infantiles ils gardent en eux ? Et comment elles mènent leur vie aujourd'hui à leur insu et se répercutent sur leur enfant ! De ces deux types de construction, l'une sécurisante, l'autre insécurisante découlent des comportements très différents à l'âge adulte ! Ce n'est pas parce qu'il y a des gens plus malins que d'autres, des gens gentils et des gens méchants de naissance. Non : On devient ce qu'on est grâce, ou à cause de nos parents ! Ce qui est grave ce ne sont pas les problèmes, qui peuvent être résolus ou en tout cas bien atténués, c'est la négation des problèmes, le peu d'intérêt porté à notre enfant intérieur que nous pourrions pourtant guérir ! Ce qui est grave, c'est l'excès d'adaptabilité acquis pendant l'enfance pour essayer de convenir… Qui se perpétue à l'âge adulte parce qu'il n'y a pas eu de questionnement ! Utilisez les pourquoi ! Ça ouvre des portes ! Intéressez-vous à votre fonctionnement. Reconnaissez vos peurs : La peur de ne pas être reconnue valable… La peur d'être trahie, abandonnée… Reconnaissez vos complexes au lieu d'en accuser les autres ! Arrêtez de croire que vos peurs sont justifiées par la réalité d'aujourd'hui ! Car elles le sont à cause de la Réalité de votre passé ! Ce que vous éprouvez a été justifié à une époque mais ne l'est plus aujourd'hui ! Ne confondez pas le Passé et le Présent. Que de problèmes relationnels en découlent ! Que d'accusations qui ne s'adressent pas aux bonnes personnes ! Que de procès d'intentions ! Que “d'organisations névrotiques” élaborées à cause de l'histoire infantile qui n'a plus du tout sa raison d'être aujourd'hui ! Quelque chose dans le cerveau est bloqué dans le passé : je vois ce que j'ai vécu ! Mais ce n'est pas la réalité d'aujourd'hui ! Je crie, je tape, je proteste, je menace, je casse : je crois dur comme fer détenir mon ennemi ! Ce système de déplacement des problèmes tient, puisque beaucoup de personnes l'utilisent donc c'est la norme, la normalité, de ne pas se poser de questions sur soi-même et d'accuser les autres… Mais ce système a un coût qui, hélas ne sera pas encore interprété ! Or, vous ne pouvez pas réparer une voiture, une machine si vous ne savez pas quelle pièce est défectueuse ! C'est pareil pour l'être humain ! Il y aura des symptômes… Mais eux aussi seront rationalisés au lieu d'être questionnés ! Les symptômes, comme les peurs sont des tentatives d'expression de quelque chose que j'ignore de moi-même ! Mais que mon corps a stocké en mémoire ! L'être humain a besoin d'être aimé mais s’il n'est pas capable de s'aimer lui-même il ne croira pas vraiment à l'amour, il aura tout le temps peur de perdre, il lui faudra alors éliminer des “potentiels rivaux… Ou obtenir les choses par la force ! Un point de repère pour savoir si votre peur est liée à la réalité d'aujourd'hui ou d'hier est l'évaluation de l'intensité émotionnelle : lorsque l'émotion est excessive c'est votre enfant intérieur qui s'exprime - qui exprime ce qu'il n'a pu exprimer en temps voulu ! Ce n'est pas grave d'avoir des peurs : nous sommes tous des êtres humains imparfaits et personne n'est indemne de traumatismes… Ce qui est grave c'est de le nier : par la rationalisation. Rationalisation elle-même sous-tendue par le sentiment d'impuissance, de résignation… Donc bien des sentiments infantiles ! Ce qui manque : donner de l'importance à notre fonctionnement pour ne pas accuser injustement les autres, se connaître donc, s'accepter avec bienveillance… Ainsi nous pouvons accueillir la différence de l'autre sans y voir du danger pour nous ! Un adulte n'a peur que des dangers réels. L'enfant blessé qui a acquis des peurs lors de sa construction demeure en nous si nous n'acceptons pas le fait qu'il ne suffit pas d'avoir un corps d'adulte pour ne plus se comporter en enfant. Aucun parent ne peut éviter d'avoir semé des peurs chez son enfant de par son attitude… Acceptons cet inconvénient sans s'y soumettre pour autant. Cherchons à nous libérer pour une vraie jouissance de la vie ! Elisabeth Bocquet Psychanalyste à Dinard www.bocquet-elisabeth-psychanalyste.fr
par Élisabeth Bocquet 21 mai 2026
Quand je dis plume Tu penses à quoi ? plume de stylo ? plume de poule ? Quelle stupide question ! Ah ! bon... Mais que m'importe Moi je pense à tout avec plume… Je peux aller très loin : C'est tellement plein. Plume … plume Plume tu me plais ! Élisabeth Boquet. (Oct 70) J'allais avoir 20 ans lorsque j'ai écrit ce poème. J'avais pris l'habitude d'exprimer ma souffrance de façon poétique n'ayant pas encore pu être plus directe puisque mon entourage familial ne me le permettait pas ! Bien que n'étant pas consciente de la cause de mes problèmes physiques et moraux, ni encore capable de me libérer du dysfonctionnement de mes parents je cherchais le sens de la vie, je me posais beaucoup de questions mais la révolte qui aurait été légitime vu ce qu'on me faisait vivre était inhibée par les expériences en partie positives que j'avais eues jusqu'à mes 15 ans. Il aura fallu “un coup fatal” pour que je “tombe” et ne reste plus entre deux eaux ! Là j'avais enfin compris qu'il fallait que je sauve ma peau et que j'échappe à la non-vie à laquelle on m'avait condamnée ! J'ai connu plusieurs années d'errance avant de trouver le psychanalyste qui m'a patiemment aidée à réparer le ressort cassé ! Si j'étais arrivée chez lui avec la connaissance “intellectuelle” de ce qui m'avait détruite il fallait que j'accède à ma vie émotionnelle ! Ça, c'est une autre affaire ! En fait je n'avais jamais pu exprimer d'émotions ! Ce qui m'a valu d'avoir de l'asthme jusqu'à temps que je le rencontre : enfin quelqu'un qui me comprenait ! J'avais 30 ans ! Avec lui je me sentais en sécurité pour revivre émotionnellement mon histoire… En effet la compréhension intellectuelle ne peut faire taire le symptôme. C'est un premier pas mais sans le ressenti émotionnel c'est un piège : On croit avoir compris et pouvoir mener notre vie ainsi : on ne voit pas où est le problème ! Pourtant, quelque chose de moi, de très important m'échappe ! C'est là que je peux être tenté d'accuser quelqu'un d'être la cause de mes tourments et difficultés ! C'est donc ça apprendre à se connaître : faire l'expérience - même à retardement - des émotions que j'avais dû refouler faute d'un environnement capable de les accepter ! Ce qui est extraordinaire c'est que ce qu'on a refoulé n'est pas mort, seulement endormi. Nous pouvons donc retrouver ce dont on nous a privé, ce qui nous a amputé et bloqué ! Nous avons maintenant le droit de parler, de pleurer, de crier. Nous n'avons plus à nous adapter pour tenter de convenir ou parce que nous nous sentons responsables du bien-être de nos parents et même… Coupables de leur causer du souci ! Je crois que bon nombre de personnes ne se rendent pas compte qu'elles ont au fond d'elles un sentiment de culpabilité refoulée ! Et que ça explique pourquoi autant de personnes ne veulent pas se sentir responsables de leur vie : la culpabilité n'est pas loin ! Cette confusion entre responsabilité et culpabilité a beaucoup de conséquences négatives. Par exemple, des parents refusent de se remettre en cause parce qu'ils sentent aussitôt affleurer un sentiment de culpabilité qu'ils veulent immédiatement repousser pour qu'il ne vienne pas les perturber ! Oui, on peut regretter nos erreurs mais il ne faut pas s'en sentir coupable car en général on ne les commet pas volontairement, pour faire du mal gratuitement, mais par ignorance, incapacité, ou poussé par une motivation qu'on ignore : une souffrance infantile refoulée mais opérante qui s'exprime alors indirectement dans une situation actuelle : la menace de ne pas être un bon garçon ou une bonne fille reconnu par ses parents si je ne me comporte pas selon leur logique - et ce, même s'ils sont morts ! Parce que nous gardons nos parents en nous (à côté de l'enfant qui reste aussi en nous) jusqu’à notre mort. Tout ceci se fait malheureusement automatiquement pour beaucoup de personnes - ce qui les empêche d'avoir une prise sur leur vie. Cette compulsion de répétition est comme une prison à vie. Pour en sortir il faut accepter d'accueillir l'enfant en nous, affronter ses blessures et ses émotions. Alors plus besoin de rester enfermé dans une logique implacable, plus de culpabilité ! J'accepte mon histoire, je me comprends, je ne me juge pas, j'ai de la bienveillance pour moi alors je peux reconnaître mes erreurs au lieu de les perpétuer à vie ! “ Se connaître ”, c'est “apprendre à se connaître” car on peut à tout âge découvrir de nouveaux aspects de nous-même. Se connaître suppose qu'on reconnaisse en nous une “instance” qui nous échappe parfois… Comme le prouvent nos rêves qui, si nous y donnons du sens (ce qu'il faudrait !) nous en donnent la preuve : nous y exprimons ce que nous ne nous sommes pas avoué, ou que nous n'avons pas compris clairement ! Notre Inconscient est plus intelligent que notre conscient ! Plus vrai - plus en accord avec notre Moi profond. Lorsqu’on se prend en charge, qu'on est actif, bien réveillé, qu'on ne se contente pas de répéter des lieux communs, qu'on se pose des questions… On devient responsable (non coupable !) et on n'est pas enclin à se décharger de ce qui nous dérange sur un bouc émissaire… Malheureusement, comme le dit très justement G. Devroede : “Il y a deux sortes de personnes : celles qui savent qu'elles ont un inconscient et celles qui croient qu'elles sont ce qu'elles sont”. Alors nous ne parlons pas le même langage et les incompréhensions provoquent des drames : En écrivant ce texte sur les malentendus liés aux différents niveaux de langage : conscients ou inconscients j'ai pensé à ce poème que j'ai écrit il y a très longtemps ! J'avais compris intuitivement sans pouvoir me faire confiance à l'époque que j'avais la capacité de rêver, de donner du sens, de la dimension aux choses là où mon entourage n'était que rationnel, raisonnable, terre à terre ! Je croyais à un Espace subjectif source de vie riche alors qu'on m'enfermait dans un espace étroit qui me faisait étouffer ! J'avais raison ! Mais il m'a fallu de l'aide, un guide, un allié pour me donner la force d'assumer ma différence ! Je ne cesserai de le répéter : l'Inconscient est une réalité psychique , non seulement pour les spécialistes “psy” mais pour chacun de nous ! Ce n'est qu'en en tenant compte qu'on pourra arriver à une meilleure compréhension de la souffrance infantile refoulée et de ses conséquences désastreuses, au niveau familial et social. La plupart des gens n'ont pas inclus leur inconscient dans leur personne, et encore moins cherché à comprendre son fonctionnement ! C'est un mot vide de sens ou porteur de clichés péjoratifs alors que c'est une “boîte à trésors”. Je vous souhaite vraiment d'aller l'ouvrir !
par Élisabeth Bocquet 21 mai 2026
Quand le bébé naît il est totalement dépendant et… Ignorant, naïf donc ! Son cerveau n'est pas achevé mais il ressent dans son corps des besoins qu'il ne peut satisfaire lui-même - qu'ils soient physiologiques ou affectifs… D'où sa grande détresse si une “bonne mère” n'y répond pas en grande partie ! Ce qui l'impacte au plus haut point c'est qu'il ne peut comprendre les raisons de ses frustrations ! Si, au fur et à mesure qu'il grandit cette situation n'évolue pas, ses frustrations s'accumulent et le déconnectent de plus en plus de lui-même car il a fini par croire que ses besoins étaient illégitimes, qu'il était donc coupable de les avoir ! Tout ceci étant ressenti confusément : Rien de clair, juste une impression très forte de ne pas convenir ! La Société dans son ensemble fait peu de cas de l'enfance , est peu curieuse, si ce n'est hostile, à observer les manifestations problématiques des adultes : symptômes physiques, psychologiques, violence... Et à se questionner sur leurs causes. Plus prompte à donner des explications telles que l'hérédité, la génétique, les polluants, la faute à “pas de chance” ! Tout ce qui ne vient pas interroger les relations qu’a eues une personne avec sa famille d'origine ! On dirait que tout le monde s'évertue à ce jeu de “dupes”. Certains croient encore qu'il y a des enfants qui naissent bons et d'autres mauvais ! Beaucoup, que le corps fonctionne indépendamment de la vie émotionnelle profonde ! Tout le monde se lamente et pousse des hauts cris face aux drames, aux tragédies : “Plus jamais ça !" Mais par quelle opération du Saint-Esprit n'y aura-t-il plus jamais ça ? Nous sommes formatés pour penser que les règles de la société sont bonnes et qu'il faut y adhérer aveuglément ! On a pensé pour nous, il n'y a plus qu'à suivre ! Et malheur à celui qui a la liberté de penser ! Et pourtant il est impératif de se réveiller, non pour avoir tous les droits et ne plus accepter aucune contrainte, au point de croire que tout est permis ! (Avec la justification que la “société” évolue ! …) Mais pour agir sur les causes de la Souffrance ! Qui compose la société ? Beaucoup de personnes, soumises au fond, qui se révoltent à mauvais escient souvent ! Et quelques personnes ayant un culot monstre qui s'arrogent des droits et n’éprouvent aucun scrupule à mentir pour servir leurs ambitions en nous faisant croire que c'est pour notre bien ! Alors que derrière leurs beaux discours se cachent des motivations beaucoup moins nobles ! À l'école, on nous enseigne l'histoire : je ne me souviens pas avoir entendu critiquer les responsables d'invasions et des guerres qui en résultent ! … Tout est présenté comme quelque chose de très sérieux, mené par des “grandes personnes qui ont raison d'agir ainsi puisque c'est pour une digne cause ! On acquiert des connaissances sur les faits apparents mais ça ne donne pas lieu à un questionnement ! Les guerres sont-elles, comme les maladies, une fatalité ? Ne pourrait-on pas se poser des questions au lieu de les légitimer en étant dans un camp ou un autre ? Alice Miller a fait des recherches sur l'enfance des dictateurs : Hitler, Mussolini, Staline, Mao, Ceausescu et a constaté qu'ils avaient tous connu les mêmes mauvais traitements : coups, humiliation, abandon, de graves maltraitances. Ils étaient tellement terrorisés qu'ils avaient refoulé leurs émotions, qui n'étaient pas inopérantes pour autant : un désir de vengeance sommeillait en eux qu'ils allaient assouvir contre des peuples tout entier sous couvert de grands idéaux ! Et ça continue ! … Entraînant dans leur sillon de nombreuses personnes qui avaient reçu le même genre “d'éducation” et avaient donc ce même besoin de vengeance ! Que signifient toutes les haines : l'antisémitisme, le racisme, l'intolérance, la violence ? Loin de provenir de vrais adultes responsables, elles émanent de “l'enfant blessé” qui réside dans de nombreuses personnes - à des degrés divers, car, bien sûr les conséquences de l'ignorance de nos blessures d'enfant ne donnent pas toujours des tueurs ou des violeurs ! Mais elle a tout de même toujours un impact sur notre vie : notre santé, notre bien-être, notre capacité existentielle, et sur les autres à qui nous pouvons faire du mal en les accusant et les rejetant à tort en toute “bonne conscience”. Alors que les vraies motivations sont inconscientes ! Que d'enfants blessés hurlent leur souffrance jadis refoulée au moyen d'actes apparemment adultes ! Et on s'étonne que les problèmes s'accumulent et ne se résolvent pas. Que de fausses solutions ! Par exemple : la culture de la punition : C'est une aberration ! Il y a fort à parier que si on s'intéressait à l'enfance des prisonniers on n'en trouverait pas beaucoup à avoir été respectés et aimés dans leur enfance ! … Je ne suis pas en train de dire qu'il faut laisser les personnes devenues violentes détruire les autres mais il faut changer de mentalité. Ne pas parler de punition mais de Soins, de rééducation ! Ce qui serait moins culpabilisant, moins dévalorisant et permettrait à certains de retrouver une dignité qui leur donnerait envie d'être constructif au lieu d'être destructeur à vie ! Au lieu de ça on dit qu'ils doivent “payer leur dette à la société”. Mais qu'a fait la société pour eux, pour remédier aux défaillances parentales ? Par ignorance, indifférence, jugements implacables on laisse croître des enfants, des jeunes, sans agir pour leur fournir les “bons ingrédients” qu'ils n'ont pas reçus, qui pourraient alors stopper leur destructivité qui aboutira tôt ou tard à des passages à l'acte très graves ! Les prisons sont surpeuplées et on continue d'agir de la même façon : après avoir laissé faire le mal on punit en croyant que c'est ainsi qu'une personne peut se guérir des méfaits d'une enfance désastreuse qui ne l'a pas humanisée ! La Sécurité Sociale est en grand déficit parce que la santé aussi est mal gérée ! Ignorer la souffrance qui gronde au plus profond de beaucoup de personnes est la cause de la plupart des symptômes. Le Corps est un porte-parole, un messager des blessures d'enfant qui n'ont pu s'exprimer. Alors, faire taire les symptômes au lieu d'en comprendre le sens ne résout rien, ne permet pas de se libérer des vraies douleurs enfouies ! Je ne parle pas bien sûr des “aides médicales ponctuelles” pour des symptômes bénins ou des accidents mais des symptômes récurrents… Je ne parle pas non plus des maladies graves qu'il faut bien soigner ! Mais je déplore qu'on n’agisse pas en amont ! En effet il y aurait beaucoup moins de symptômes, qu'ils soient physiques ou psychologiques si on arrêtait de nier l'extrême importance de l'enfance et ses répercussions à l'âge adulte ! Vaste chantier qui peut paraître insurmontable, voire, irréaliste. Mais Non ! Chacun devrait revisiter son enfance, reconnaître ce qui a été difficile, douloureux… Et faire des liens avec son comportement actuel. Non pour s’en sentir coupable mais pour assumer les “séquelles” de certains manques ou désagréments (car il n'y a pas que des cas extrêmes !) afin de ne pas les faire porter à quelqu'un dans le présent. Ce qui est extrêmement courant et provoque beaucoup de souffrance ! En outre, en fuyant ses émotions la personne ne peut réparer ses blessures contre lesquelles elle doit lutter sans cesse. Le monde est régi par trop d'Inconscients. Il est absolument nécessaire pour qu'il y ait moins de guerres, familiales et sociales, qu'il soit reconnu et dit haut et fort que les séquelles de nos blessures d'enfant sont extrêmement lourdes de conséquences pour nous-mêmes et pour les autres . Il faut arrêter de croire que la psychologie ne concerne que les malades mentaux et les faibles et les spécialistes… La psychologie concerne tout le monde : comment faire fonctionner un appareil sans le mode d'emploi ? Je considère que l'être humain n'a pas le mode d'emploi pour se comprendre, donc d'être libre, et ne pas nuire aux autres et à lui-même. Je dis souvent à mes patients qui se dévalorisent à cause de leurs difficultés, qu'ils sont là (dans mon cabinet), à cause de ceux qui ne sont pas venus ! L'être humain ne se fait pas tout seul, il a besoin lors de sa construction d'être aimé, valorisé, validé, pour ne pas être tourmenté à l'âge adulte à cause d'un manque de confiance en lui, qui, s'il ne l'a pas reconnu comme tel, ainsi que ses vraies causes, en accusera obligatoirement quelqu'un ou utilisera quelqu'un qui aura la mission implicite d'être son “bon parent”. Les deux seront alors prisonniers ! Mais comme la majorité des gens fonctionne ainsi il y a peu de chance d'ouverture au monde de la Vérité ! Au contraire ! Car la Vérité dérange ! “Celui qui dit… La Vérité …Il sera… Exécuté” Et la psychologie fait peur car elle révèle une vérité que beaucoup veulent ignorer ! Et pourtant : que de “trésors” cachés dans l'inconscient, bloqués à cause de la conviction ancrée depuis longtemps de ne pas être une personne intéressante ! Que de fausses motivations en découlent ! Que de méchanceté s’exerce à cause de complexes non reconnus ! Il y a tout à gagner à avoir le courage d'affronter nos blessures infantiles : nous arrêtons alors de lutter contre nous-mêmes, ce qui est une tâche épuisante et sans fin - Et nous arrêtons d'avoir besoin d'un “bouc émissaire”, un “souffre-douleur” sur lequel décharger ce qui nous encombre ! À part les inévitables problèmes d'adultes qui ne donnent pas lieu à une détresse insupportable, les problèmes sont liés au passé, qu'on veuille le reconnaître ou pas ! Aussi dès que les manifestations d'une personne sont excessives, vous pouvez être sûr qu'elles proviennent de l'enfant en elle, (non de l'adulte qu'elle est aujourd'hui !) qui légitime de toutes ses forces ses certitudes (appartenant en fait à un autre temps !) Elle se trompe de combat et ça fait beaucoup de mal ! Reconnaître mes peurs , héritées de mon histoire me rend paisible et serein car je ne me sens plus impuissant comme jadis, enfant : je peux parler, m'exprimer, trouver de la compréhension. En comprenant l'enfant en moi je m'accorde de l'importance, je suis bienveillant(e) avec moi, je n'ai plus besoin de crier au loup comme si un danger continuait de me menacer ! J'ai les moyens de choisir au lieu de subir : oui je suis libre et je peux donc me comporter de façon responsable, en me respectant et en respectant la différence de l'Autre. Je n'ai plus besoin de faire de l’Autre un ennemi, un persécuteur sur qui reporter ma haine jadis refoulée. Je n'ai plus besoin d'exprimer mon chagrin, ma révolte, mes difficultés de façon négative et destructrice. Je n'ai plus besoin de “faire mine” pour prouver que je suis quelqu'un de valable. Je peux parler, négocier… Car si je comprends et accueille l'enfant que j'ai été qui demeure en moi je peux utiliser mes capacités d'adulte. Je ne suis plus démuni comme je pouvais l'être enfant, dépendant du “bon vouloir” ou des défaillances de mes parents ! Fuir mes blessures infantiles en y réagissant inconsciemment sous couvert de bonnes raisons adultes me fait du mal car tôt ou tard le corps qui lui n'a rien oublié parlera ! Et fait du mal aux autres car nous lui faisons des procès d'intentions injustes ! Il ne faut pas compter sur la société pour nous ouvrir les Yeux et le Cœur… Il n'y a qu'une minorité de personnes qui a conscience de ce que camouflent les apparences. Ce qui veut dire que si quelqu'un ressent le désir d'être juste, avec lui-même et avec les autres, il ne faut pas attendre l'approbation de la majorité, il faut sortir du conformisme, avoir du sens critique et ne pas se remettre en cause face à une majorité écrasante. La loi du grand nombre n'est pas la loi de la Vérité ! Le monde est en grande partie régi par les séquelles des souffrances infantiles non reconnues, que ce soit en famille ou dans la vie sociale. Tant que demeurera cette ignorance, les problèmes majeurs ne trouveront pas de solutions et beaucoup en subiront gravement les conséquences. Pour ne pas être la proie de tous ces inconscients qui recèlent en eux un besoin de vengeance je dois savoir qui je suis et ne pas me laisser définir par les ignorants ! L'ignorance des Besoins Fondamentaux de tout enfant et de ses conséquences à l'âge adulte s'ils n'ont pas été suffisamment satisfaits est la cause du Mal qui règne sur terre. Et… Personne n'en parle !
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