La psychanalyse peut-elle guérir ? Et de quoi ?

Si l'on parle de guérison c'est qu'il y a maladie !
Mais c'est quoi être malade ?
On accorde beaucoup d'importance aux “maladies physiques” qu'on essaie d'éradiquer coûte que coûte !
Sont reconnus les maladies physiques et les symptômes psychologiques dans lesquels on enferme les personnes en leur faisant croire qu'il s'agit d'une fatalité !
Comme si elles étaient nées avec un dysfonctionnement ou avaient attrapé un virus !
On ne voit pas qu'il s'agit de “maladies de l'âme”, de “maladies du cœur”, de “maladies, d'Amour”.
Que propose-t-on la plupart du temps aux personnes qui viennent se plaindre de leurs symptômes, de leurs angoisses auprès des médecins ?
De la chimie ! Pour couper court aux manifestations qui dérangent tout le monde !
Et par ignorance !
Or l'être humain est régi par l'affectif ! Est-ce suffisamment pris en compte pour comprendre les causes profondes des maladies et des dysfonctionnements psychologiques ?
Car si chaque être humain est unique, les besoins fondamentaux sont les mêmes pour tous !
- Besoin d'être reconnu comme une personne à part entière dès le début… Donc respectée !
- Besoin de tendresse
- Besoin de valorisation
- Besoin d'accompagnement pour dépasser les inévitables peurs inhérentes à la condition humaine
Tous ces besoins respectés aboutissent à la Validation qui donne la force d'être soi-même : de ne pas douter de soi et de faire des choix qui ne soient pas basés sur la peur : peur d'être jugé, peur d'être rejeté, abandonné, voire détruit si je ne fais pas ce qu'on attend de moi !
Pourquoi veut-on à tout prix faire taire les symptômes alors qu'ils sont là pour dire quelque chose ?
Pourquoi y a-t-il encore si peu d'intérêt pour le cœur, les blessures qu'il a subies et qui s'exprime aujourd'hui comme il peut, ignorant lui-même ce qu'il a à dire ?
Il est absolument nécessaire qu'on accorde plus d'importance à “l'affectif” afin de comprendre le désarroi des êtres humains et ses conséquences souvent désastreuses : difficultés relationnelles retournées contre soi ou contre les autres !
Chacun de nous peut être un “chercheur” au lieu de s'en remettre aveuglément et docilement à des spécialistes sensés tout savoir et vous dispenser de penser et de participer !
Que faut-il faire ?
Il suffit d'observer !
Mais qu'est-ce qui empêche l'observation objective ?
La non-confiance en soi qui mène au conformisme : je ne dois pas me différencier car je ne suis pas valable !
Je ne peux pas avoir raison car les autres savent mieux que moi !
Si on m'a appris à douter de moi à force de messages négatifs ou d'absence de messages je ne peux pas me faire confiance et je m'en remets aux autres tout en en souffrant !
Et voilà la cause des tourments, des conflits intérieurs, du mal-être qui rend malade, dépressif, triste et qui va jusqu'à en rendre quelqu'un de mon entourage responsable !
Car il faut bien trouver une raison et un sens à tout ce qui me pose problème !
Et voilà où la psychanalyse peut intervenir pour libérer une personne de la prison dans laquelle elle est enfermée à cause de ses croyances- qui ne sont que le pendant de son ignorance !
D'où viennent ces croyances ?
De l'image qu'elle a acquise d'elle-même lors de sa construction avec ses figures d'attachement.
Déformée et bridée par le regard injuste qu'on a porté sur elle ou… Le manque de regard, elle n'est pas libre : elle se bat en permanence pour son intégrité mais se trompe de combat !
Se sentant lésée, un rien l’agresse. Elle n'est pas en mesure d'être en relation avec l'autre ou d'avoir des liens pacifiques puisque c'est la guerre en elle, mais elle en rend l'Autre responsable !
Pourquoi ?
Parce que beaucoup ignorent qu'il y a en eux un petit garçon ou une petite fille qui reste dans “son monde”.
Son monde d'avant.
De telles personnes ne sont pas dans la réalité d'aujourd'hui, tout en croyant dur comme fer qu'elles ressentent bien les choses et qu'elles ont… Raison !
Et voilà le piège !
Car il y aura peu de personnes qui leur feront prendre conscience de la racine du mal !
La psychanalyse qui ne s’en tient pas à ce qui est visible mais cherche plutôt ce qui se cache derrière ce “visible tapageur”, sait qu'une personne qui a pris en otage un bouc émissaire fait parler son enfant intérieur et qu'elle n'en a pas conscience !
L'exagération, en soi, est le signe que ce n'est pas l'adulte qui s'exprime mais l'enfant ! Car un adulte n'a pas peur de l'Autre et ne lui prête pas un pouvoir destructeur, car, contrairement à l'enfant qu'il a été il n'est pas démuni et sa vie ne dépend plus de personne de façon vitale !
Cette distinction : passé, présent, enfant, adulte, est indispensable pour trouver une vraie possibilité de… Guérison de l'âme, du cœur.
Elle permet de devenir adulte au lieu de rester un enfant blessé, impuissant et se croyant la proie de l'Autre à vie !
Mais tout comme un enfant essaie d'attirer notre attention en se rendant insupportable lorsqu'on n'est pas disponible, l'enfant dans l'adulte fait de même !
Sans le savoir !
Il ne cesse de manifester sa colère d'avoir subi une si grande injustice : celle de ne pas avoir été reconnu pour ce qu'il était et valorisé.
Aujourd'hui cette colère est sous-jacente, prête à se manifester pour un oui ou pour un non car dans sa “logique d'enfant” c'est un dû qu'il reçoit aujourd'hui ce qu'il n'a pas reçu en temps voulu !
Une telle personne, prisonnière de ses blessures de cœur et d'estime de soi ne se rend absolument pas compte que ses exigences sont déplacées !
Quelqu'un doit l'aider à en prendre conscience et également l'accompagner avec beaucoup de bienveillance pour qu'elle puisse grandir afin de ne pas laisser son enfant intérieur diriger sa vie ce qui ne peut qu'être catastrophique !
La psychanalyse en ne cherchant pas à raisonner une personne souffrant de tel ou tel symptôme — qu'il soit physique ou psychologique — en ne cherchant pas à éradiquer le symptôme sans en comprendre le sens permet d'affronter les peurs non reconnues qui nous enferment dans un système défensif afin d'éviter toute nouvelle souffrance !
Malheureusement en voulant éviter le “mauvais” on se prive aussi du “bon”. Et le mauvais dans ces conditions ne cesse de faire des dégâts !
Ce système de défense ne permet aucune issue d'où l'impression de “tourner en rond” ou de faire des efforts pour rien !
Il n'est pas incompatible d'analyser et d'être humain : l'émotion doit être primordiale. Il ne faut pas endormir la souffrance mais l'éveiller au contraire : en faisant l'expérience de la partager et d'être compris on répare l'enfant blessé en nous. Alors mon cœur s'apaise, et mes symptômes n'ont plus lieu d'être !
Bien sûr ce peut être un plus ou moins long chemin mais les effets libérateurs sont irréversibles et ainsi nous pouvons progresser jusqu'à la fin de notre vie : gagner toujours du terrain sur notre “terre colonisée” !
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