Qu'est-ce qui prouve que nous avons un Inconscient ?

Notre Inconscient n'est pas un organe physique comme notre cœur, nos poumons, nos intestins, etc…
Alors ? Facile de l'ignorer !
Je peux dire : j'ai mal au ventre, je respire mal, j'ai mal ici, j'ai mal là…
Mais est-ce que je dis : j'ai mal à mon Inconscient ?
Hélas Non !
Car non seulement la plupart des gens ne connaissent pas leur inconscient mais ils ignorent même qu'ils en ont un !
Ghislain Devroede - un chirurgien, qui a exercé et enseigné au Québec (décédé en 2022) a écrit : “Il y a deux sortes de personnes : celles qui savent qu'elles ont un Inconscient et celles qui croient qu'elles sont ce qu'elles sont”.
C'est merveilleusement bien résumé !
Si nous y prêtons attention nous aurons des preuves de son existence grâce à des modes d'expression que nous ne contrôlons pas.
Tel que : les rêves : “la voie royale qui nous mène à notre inconscient” a dit à juste titre Freud.
Tout le monde rêve quotidiennement et peut donc se poser des questions au sujet de ses rêves.
Malheureusement leur importance étant ignorée, de même que la façon de les interpréter, ils passent vite aux oubliettes…
Certaines personnes ne s'attachent qu'à leur forme, parfois extrême ou extravagante, les racontent à quelqu'un. Mais hélas, si on ne les analyse pas, qu'on ne s'en tient qu'à l'aspect loufoque ou hyperdramatique, on n’apprend pas grand-chose sur nous-même !
Voici quelques généralités qui vous permettront peut-être d'accorder du sens à vos rêves :
- Les rêves sont comme une langue étrangère, qu'il faut traduire donc !
- On se sert toujours de situations vécues la veille, même futiles, pour exprimer des choses importantes : des désirs, des sentiments qu'on n'a pas reconnus, qu'on a tu…, des choses qui nous tracassent…
La nuit, on se lâche...
On a le temps, n'étant pas accaparé par le concret et il n'y a pas la censure qui nous rend raisonnables le jour.
Les “actes manqués” sont aussi une affirmation de notre Vrai Moi. En effet un acte manqué est le fait de faire quelque chose qu'on n’était pas censé faire. On devait faire autre chose ! …
Voici un exemple personnel :
À une époque j'animais de temps en temps des semaines de formation dans une entreprise sur le thème : Analyse et Synthèse de textes et de dossiers.
J'arrivais tous les matins à 9h30 en toute bonne foi …
Et le dernier jour, sur la route j’ai eu tout à coup un flash : en fait je devais commencer à 9h !
Je n'aimais pas commencer tôt et mon inconscient s'est arrangé pour oublier (momentanément !) le véritable horaire. Je m'en suis rappelée le dernier jour lorsque ce n'était plus possible de venir à la bonne heure qui ne m'arrangeait pas !
Je fus sincèrement désolée de cet acte involontaire et m’en excusai en arrivant auprès de mon groupe — qui n'en avait d'ailleurs pas été dérangé !
J'ai été vraiment surprise et fascinée par la puissance de cette amnésie momentanée !
Un autre exemple : J'étais au cinéma avec mes enfants et tout à coup, même processus que précédemment : “Oh ! Mais j'avais rendez-vous avec mon psychanalyste !
En principe j'aimais beaucoup aller chez mon psychanalyste mais là j'étais fatiguée et j'avais besoin d'un temps de douceur avec mes enfants !
Ça devait être pendant les vacances de Noël…
Par ces oublis, je n'ai pas eu à choisir, à assumer quelque chose : mon inconscient a décidé pour moi, en fonction de ce que je désirais, de ce dont j'avais besoin !
On appelle ça des actes manqués mais je dirais que ce sont plutôt des “actes réussis” !
À condition de les reconnaître et de les analyser !
Et puis — “les lapsus”.
Là l'erreur porte sur un mot : On voulait dire où écrire quelque chose et on dit où écrit autre chose à la place — involontairement !
Exemple : À une époque, lorsque je vivais encore chez mes parents, j'écrivais des poèmes pour exprimer ma souffrance.
Mes parents m'empêchaient de vivre (chacun d'eux pour des raisons différentes !), ils me cassaient avec leurs messages négatifs et leurs interdictions insensées.
Je notais toujours la date en haut de la page de mes poèmes.
Un jour j'ai donné mon cahier à lire à quelqu'un qui a été très surpris de la date que j'avais inscrite pour un de mes poèmes : au lieu de Mars 1970 j'avais écrit Mars 1944 ! (Je n'étais pas née à cette date !)
J'ai appris à cette occasion que ça avait été une année particulièrement violente de la seconde Guerre mondiale !
Traduction : Alors que j'essayais de rendre poétique ma souffrance- au lieu de l'exprimer plus violemment- ce qui aurait été justifié par rapport à ce qu'on me faisait subir !- mon Inconscient a exprimé que ce que je vivais était très violent : c'était la guerre, pas le monde des bisounours !
Je n'en revenais pas moi-même de ce lapsus !
Mon Inconscient savait que je souffrais alors que mon Conscient s'adaptait parce qu’il ne ressentait pas d’émotions ! A ce moment-là, malheureusement je n'avais pas encore trouvé la personne qui allait m'aider à assumer la Vérité émotionnelle de mon histoire et à oser m'affirmer !
(L’intellectuelle je pouvais la dire !). Je reviendrai ultérieurement sur la différence entre la compréhension intellectuelle et émotionnelle !
L'inconscient dispose encore d'un autre moyen pour s'exprimer :
- le langage du corps
- Le langage non verbal
- Le langage somatique
Si on y est attentif, on peut détecter chez quelqu'un ses véritables ressentis, parfois en contradiction avec ses paroles, ou bien qui trahissent ce que son silence a tu !
Par exemple :
Récemment, quelqu'un m'a dit quelque chose qui m'a contrariée, je ne lui ai pas dit, mais mon regard sévère à parler pour moi ! Comme la personne était bien présente et futée elle s'en est aperçue et me l'a fait remarquer ! Mes yeux ont parlé pour moi, à mon insu !
Mais il y a beaucoup plus grave, il y a les “maux” à la place des “mots”.
Car à première vue, tous les exemples que je viens de vous donner peuvent paraître anodins…
Mais ce qui est lourd de conséquences c'est que sans la curiosité et la préoccupation de donner du sens à notre mode de fonctionnement nous accumulons un silence qui nous étouffe et peut nous rendre malade. En effet, notre corps va être obligé, dans une tentative désespérée de nous permettre d'exprimer nos états d'âme ignorés, de faire parler nos organes…
Lorsque j'étais enfant et jusqu'à l'âge de trente ans, quand je rencontrai enfin la personne (un psychanalyste) avec qui je pus apprendre à exister vraiment, j'avais des crises d'asthme importantes et de longue durée. Aucun médecin ne me trouvait de solutions pour guérir. J'en ai vu beaucoup, chacun y allait pourtant de ses certitudes ! Rien n'améliorait ma santé !
Aucun n’eut l’idée de me poser des questions sur mes relations avec mes parents tant ils étaient persuadés que c'était mon corps tout seul qui avait un problème : j'étais allergique à la poussière, au climat, à certains aliments, etc…
Aucune allusion à des causes psycho-affectives.
Moi-même je ne me comprenais pas ! Je n'avais pas les clefs de ma boîte à trésors !
En grandissant j'ai rejeté les causes physiques, je commençais à avoir l'intuition que la cause était ailleurs ! …
Je suis allée voir mon médecin de famille (plus futé que les autres celui-là !) N'avait-il pas écrit dans sa salle d'attente : “Si vos enfants sont malades, faites-vous soigner !”
Je lui dis : Il faut que j'aille voir un psychiatre car je secrète ma maladie au fur et à mesure que vous essayez de me la soigner !
Quelque temps après quelqu'un me donna l'adresse d'un psychanalyste (non d'un psychiatre !)
Je l'informais des raisons de ma venue…
Très vite, je me suis sentie comprise et ce fut un tel soulagement que l'asthme ne se manifesta plus et je pus progressivement mettre des mots sur mes souffrances au lieu que ce soit mon corps qui les exprime.
Je n'ai plus jamais eu d'asthme !
Si nous ne sommes pas avertis de ce lien entre maladie et état psychologique on ne pourra pas guérir notre symptôme et en plus on aura perdu une occasion de nous connaître et d'exister.
La Folie
Il en va de même pour la maladie mentale : sous couvert de la folie une personne cherche à exprimer ce qu'elle est vraiment !
Notre Inconscient est notre ami : il faut l'écouter : c'est passionnant !
Il ne faut pas en être effrayé, il faut plutôt se méfier de notre conscient qui, à cause de peurs non reconnues, a établi un système adaptatif qui nous fait faire des mauvais choix.
La vérité peut faire mal mais l'affronter permet de nous libérer de nos chaînes …
La liberté donne un sentiment de réelle jouissance de la vie : en étant en accord avec nous-même, on ressent une puissance qui nous permet d'agir au lieu de subir…
Si l'on choisit la facilité immédiate : rester dans notre zone de “confort” nous avons un sérieux risque de réveil brutal contrairement au mouvement d'évolution permanente qui nous ouvre toujours plus de portes.
Connaître notre Inconscient, c'est-à-dire nous connaître, connaître notre Vrai Moi est un gage de santé psychique et par la même physique.
Malheureusement cette extraordinaire découverte de Freud qui pourrait aider tant de personnes à mieux vivre est encore grandement méconnue !
L'Inconscient bien que n'étant pas un organe dissécable existe : il se manifeste de différentes façons. Intéressez-vous à lui, à vous, et vous en ferez l'expérience. Ce n'est pas une question de croyance.
C'est vérifiable !
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