D'où vient la souffrance . Est-elle une fatalité ?

Beaucoup de personnes souffrent physiquement, moralement, voire les deux à la fois ! Comment ? Quels sont les états psychologiques qui provoquent la souffrance morale ?
- Le manque de confiance en soi, qui rend vulnérable et ne permet pas de disposer d'une “saine agressivité”.
- Le manque de motivation, qui révèle que je n'ai pas donné un sens à ma vie et qu'alors je me comporte comme l'oiseau qui saute de branche en branche pour trouver la nourriture indispensable à sa survie… Mais n'a pas une ligne de conduite dictée par des objectifs.
- Le manque de “prise” sur mon malaise intérieur : je ne comprends pas pourquoi je ne me sens pas bien et ne sais pas que faire pour y remédier !
- Un sentiment d'injustice de ne pas être perçu pour ce que je suis… Et de constater que certaines personnes semblent légères, insouciantes, alors que moi je suis plombée par des interrogations qui ne trouvent pas de réponses ! … Pourquoi suis-je torturée par des doutes sur moi-même qui m’inhibent alors que d'autres prennent leur place spontanément ?
- Tout ceci aboutissant à une tristesse pouvant aller jusqu'à la dépression.
Cependant il faut savoir que parmi les personnes qui semblent aller bien, il y en a un certain nombre qui ne va pas vraiment bien, mais pas suffisamment mal pour que ce soit détectable ! Elles arrivent à cacher leur Jeu !
Comment arrivent-elles à taire leur souffrance ?
Grâce à une “organisation inconsciente” de “compensation”.
Qu'est-ce que la compensation ?
C'est le fait d'organiser ma vie en fonction d'une souffrance, mais sans l'avoir reconnue.
Peu de personnes ont reçu suffisamment de bons ingrédients pour être libres et capables de se réaliser, d'exister vraiment, en accord profond avec elles-mêmes, en harmonie avec elles-mêmes !
Pourquoi ?
Parce que l’être humain qui ne peut agir par instinct, contrairement à l’animal, doit avoir des modèles d’identification qui sont comme un mode d’emploi, une règle du jeu de la vie ! Une permission !
La relation parent-enfant, débutant d'une façon aussi inégalitaire ne permet pas au petit, à l'enfant d'avoir du sens critique ! Ses parents sont sacralisés, ils ne peuvent pas se tromper, ils ont forcément raison !
On peut comprendre alors que des messages réprobateurs, négatifs, moralisateurs à répétition renverront une image négative de lui-même à l'enfant !
Ce qui l’amènera même à douter de ce qu'il ressent. Il taira ses émotions et fera tout pour convenir, pour s'adapter à son milieu, afin d'être accepté et de “mériter” l'amour indispensable !
Ce faisant il empiète de plus en plus sur son intégrité, il “marche sur des œufs”, il n'est sûr de rien ! Il est tiraillé entre un ressenti flou sur lequel il ne peut même pas mettre de mots et le besoin vital d'être accepté !
Au lieu d'être à son écoute, il est hypervigilant aux réactions de son environnement afin de ne pas provoquer leur colère et si possible de les amadouer par sa soumission !
Malheureusement un enfant ne sait pas que ce n'est pas “normal” de ne pas se sentir en sécurité pour être spontané ! Il ne peut pas se dire que ses parents ont des problèmes ! Il pense que c'est lui qui est défaillant, qui a quelque chose qui ne va pas, qu'il est un mauvais enfant, une mauvaise personne !
Si la “maltraitance psychologique” qu'il subit n'est pas extrême, il va se construire tant bien que mal et sera capable de s'adapter aux exigences de la société…
Il a intégré une vision de la vie et de lui-même qui ne lui permet pas d'être véritablement épanoui et serein ! Aussi va-t-il chercher à faire taire ses tourments intérieurs en exigeant de son nouvel environnement qu'il ne le contrarie plus. Il peut être tyrannique et invivable s'il n'en va pas ainsi !
Car il aura su trouver un partenaire qui lui, au contraire, éprouvera toujours trop de scrupules, ayant acquis l'évidence qu'il est souvent en tort et ne mérite pas grand-chose ! Ou qu’il manque de confiance en lui sur le plan de sa sexuation. Ou, qu’ayant eu une enfance “facile” il n’a pas développé de sens critique et encore moins de suffisamment d’agressivité !
L'interaction de problématiques fonctionne à merveille si je puis dire !
Il y a plus de chances que quelqu'un qui a subi une maltraitance extrême s'en sorte, car dans ce cas, il ne peut “bricoler” longtemps et avec succès son organisation psychique !
Il va si mal, il ressent tant de détresse qu'il est obligé de chercher de l'aide, des solutions ! Et s'il trouve une personne qui comprend son drame et l'aide à se libérer des messages destructeurs négatifs il pourra reprendre le cours de sa construction et… Grandir dans de bonnes conditions ! Il ne restera pas bloqué.
Il y a selon moi, peu de personnes libres ! Ne vous fiez pas aux apparences : beaucoup font mine d'aller bien, jouent un personnage pour masquer leurs doutes, leurs déceptions, leur insatisfaction. Comme dans l'enfance il faut convenir ! Et le fonctionnement social renforce, voire créé, l'écrasement de la personnalité !
Avoir une confiance absolue dans le fonctionnement de la société est une attitude infantile ! Il n'y a rien de parfait nulle part, il n'y a personne qui détienne un savoir et une vérité absolus. Pour bien mener sa vie, il faut penser par soi-même et ne pas faire confiance aveuglément et s’en remettre aux autres… Aussi diplômés ou haut placés qu'ils puissent être !
La chose la plus négligée est la compréhension des besoins fondamentaux de l'être humain ! C'est la politique du “marche ou crève”. Celui qui ne peut s'adapter parce qu'il n'a pas reçu assez de “bons ingrédients” et trop de mauvais est jugé, rejeté et rarement compris et aidé ! Le conformisme fait office de Valeurs !
Qu’est-ce qui manque à beaucoup de gens ?
Du sens critique, de la révolte.
Et pourquoi ?
Par manque de confiance en soi à force d’avoir été mis en doute ou… Négligé.
Or, aucun être humain ne pouvant se valider seul, même dans la réussite une personne peut continuer de douter d’elle, de ne pas se sentir à la hauteur, pas légitime…. Coupable !
Pour être libre il est impératif d’avoir revisité notre enfance avec sa cohorte d’émotions refoulées !
Si on a la chance de trouver quelqu’un qui comprend l’enfant en nous cette issue positive adviendra.
Dans le cas contraire, le repli sur soi est de mise, par peur des autres, ou l'utilisation abusive des autres comme si c'était un dû de recevoir ce que je n'ai pas reçu !
Mais cette stratégie (presque tout le temps inconsciente) ne peut marcher qu'un temps !
C'est pourquoi beaucoup de gens font des “burn-out” où ont divers symptômes ! Leur “Vrai Moi” cherche à s'exprimer !
Mais comme très peu comprennent ce langage-là, de fausses solutions sont proposées, voire imposées - comme étant la seule solution ! - Ce qui n'aura pour effet qu'un peu plus de confusion ! …
Le sentiment de culpabilité hérité d'une enfance contrariée empêche les gens d'être audacieux. D'autres ont trop de culot - mais à mauvais escient ! -
Certaines personnes se remettent trop en cause, d'autres pas assez ! Ainsi tourne le monde : c'est la loi du plus fort qui l'emporte ! C'est la politique du “chacun pour soi”.
Il n'y a pas assez d'humanisme !
Car pour en avoir pour les autres, il faut déjà en avoir pour soi-même !
En quoi consiste l'humanisme envers soi-même ? Et envers les autres ?
Dans la reconnaissance de mes souffrances infantiles. Car que deviennent celles-ci si j'en suis inconscient ?
Je me juge moi-même, je me sens en échec, nul. Je me punis, je me sabote car je me crois coupable !
Je n'ai pas compris que ce sont mes parents qui ont été défaillants et non moi qui ai été un “mauvais enfant”.
Ou je les déplace sur les autres.
Comment ?
Je prête à l’autre la mauvaise image que j'ai de moi-même.
Et alors je l'accuse de ne pas me respecter, de me rabaisser, de me juger etc. etc.
Ça s'appelle faire des projections.
Très souvent les autres vous accusent de leurs propres défauts. Ce que les enfants ont bien compris : “C'est celui qui le dit, qui l'est” !
Je peux par exemple croire que mon conjoint ou toute autre personne avec qui j'ai des relations agit avec moi comme jadis mes ou un parent !
On appelle cela faire un Transfert. Sa particularité est qu’il se produit de façon très automatique et qu'on croit dur comme fer que ce que nous ressentons est la Vérité alors que c'est une interprétation erronée, résultant de notre expérience infantile !
L'inconvénient de ces deux phénomènes, projection et transfert, est qu'ils ne permettent pas une évolution, une réparation !
Pour réparer il faut savoir quelle est la pièce défectueuse pour une voiture ou un appareil… Pour l'être humain c'est pareil : si l'on ne peut pas mettre de mots précis sur nos émotions jadis refoulées elles se transformeront juste en sentiments de jalousie, rivalité, haine, exprimés avec une colère excessive envers une victime innocente qui sert de poubelle pour se débarrasser de ce que j'ignore au fond de moi !
Il faut savoir qu'aucun être humain ne peut échapper à sa vérité sans en faire les frais un jour ou l'autre car la force de “l'enfant intérieur” est tenace et d'autant plus qu'il n'est pas reconnu ! Il cherche toujours à se faire entendre ! D'où les tourments, les symptômes, les fins de vie difficiles…
Mais les explications rationnelles ne manquent pas pour éviter de se poser des questions !
Je déplore, ô combien ! L'ignorance généralisée des besoins fondamentaux de l'être humain qui, lorsqu'ils n'ont pas été suffisamment satisfaits laissent une personne “en panne”. Elle a l'apparence d'un adulte mais en réalité c'est son “enfant intérieur” qui fait la loi. Ne distinguant pas le passé du présent elle interprète tout en fonction de sa blessure de base et se venge sur des personnes qui n'ont rien à voir avec son mal-être !
Ça peut lui procurer un certain confort pendant un laps de temps, surtout si elle a trouvé quelqu'un qui lui évite toute frustration pour avoir la paix…
Mais elle n'est pas authentique, elle joue un personnage dont elle est peut-être dupe, si ce n'est de la manipulation pour arriver à ses fins ! …
En tout cas le fait que le discours social ne prenne pas en compte les blessures enfouies de l'enfance et n'encourage pas à les guérir provoque des drames familiaux et des tragédies à l'échelle sociale !
Il faut se taire, être “normal”, ne pas faire de vague, ne pas analyser, sinon vous dérangez et c'est vous qui êtes taxé de “détraqué” !
C'est la loi du grand nombre !
Qui pourtant, bien au contraire, n'est pas la “loi de la Vérité”.
Affronter la vérité demande du courage et de la persévérance, non de céder à la facilité immédiate !
Le mensonge fait des dégâts, beaucoup de dégâts !
Mais il y aura peu de personnes qui vous encourageront à chercher votre “Vrai Moi”.
On vous fera plutôt la morale et on vous fera taire parfois même à coups de chimie.
C'est un meurtre psychologique !
Il y a autre chose à faire : avoir confiance dans les forces vitales et de guérison, de réparation, de libération. Mais pour y parvenir, il est absolument indispensable d'affronter émotionnellement nos blessures infantiles.
Car la souffrance est la conséquence du refoulement des émotions douloureuses. Et en conséquence, de l’ignorance de qui je suis vraiment.
Il ne s’agit pas de connaissances intellectuelles : beaucoup de personnes blessées au fond d’elles n'en manquent pas !
Mais il s’agit de se connaître soi-même, car sans cette connaissance je ne peux répondre à mes vrais besoins (je compense !) et je risque d'accuser quelqu'un de mes frustrations ou de mes difficultés !
Sans s'être réconcilié avec soi-même la haine est à l'œuvre, à l'échelle privée et à l'échelle sociale.
La souffrance n'est pas une fatalité. La faire diminuer demande de l'honnêteté au lieu de mensonges collectifs basés sur un endormissement, un égoïsme excessif, un manque de responsabilité… Un manque d'empathie, de sensibilité. Un manque d'amour !
Tant que ne seront pas prises en compte les blessures de l'enfance, le mal continuera son œuvre et les tentatives de l'éradiquer sont vouées à l'échec.
Seule la Vérité peut nous permettre d'avoir de vraies motivations et de nous sentir de plus en plus en harmonie avec nous-même, paisible et de ne plus avoir besoin d'accuser les autres de notre mal-être.
Rester dans l’ignorance de mes blessures infantiles me conduit à me venger méchamment tant dans la sphère privée qu'à l'échelle sociale comme l'actualité ne manque pas de nous le rappeler ou à me faire du mal en devenant mon propre “mauvais parent”! Il y a un refus déplorable de la psychologie ! Sa connaissance et son utilisation seraient pourtant d'une grande aide pour la résolution des problèmes qui menacent notre société !
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