Qu'est-ce que la psychanalyse . Et surtout que peut-elle pour la résolution de nos problèmes humains ?

Pratiquement tout le monde connaît le mot et quelques clichés qu'elle véhicule !
… Le silence du psy, une relation froide et distante, pas de conseils, pas de gratification…
Un coût élevé, et une durée de cure très longue !
Pour des résultats pas garantis !
Ceci ne peut ni nous rassurer ni nous donner envie d'aller parler de nos tourments !
En effet lorsque l'on souffre, que ce soit moralement ou physiquement on a besoin de se sentir en confiance : accueilli et écouté.
Faire l'aveu de nos peurs, doutes, incertitudes, chagrin n'est déjà pas facile alors, si l'on se trouve devant un sphynx ça ne facilite pas la libération des émotions et de la parole !
Mais qu'est-ce que la Psychanalyse et quel est son but ?
La psychanalyse se définit par la reconnaissance et la prise en compte de l'Inconscient c'est-à-dire de cette force tenace — dont les origines sont tapies au fond de nous — qui nous fait penser et agir de façon plus automatique que choisie !
Tant qu'on n'a pas fait sa connaissance nous sommes la proie de quelque chose qu'on ignore de nous : nos besoins, nos vrais désirs, nos peurs…
En effet la peur est à l'origine de leur refoulement !
Mais je ne sais même pas que j'ai peur car j'ai tout fait — et depuis tellement longtemps ! Pour éviter de prendre des risques dont je redoutais les conséquences ! La peur fondamentale d'un enfant est de ne pas être aimé, approuvé par ses parents. Donc il va tout faire pour convenir, au détriment de l'expression de ses émotions ! Il va bloquer sa sensibilité, s’endurcir, se déformer… Tout ceci ne se fait pas à la suite d'une décision assumée en connaissance de cause, mais subrepticement… Inconsciemment !
L'enfant perd de plus en plus sa capacité à être vrai — même vis-à-vis de lui-même. Puisque pour cela il faut en avoir la permission !
Avoir eu la permission de s'exprimer est la condition pour exister vraiment. Car elle donne la Sécurité Affective nécessaire à une expression libre et authentique. Bien sûr, il y a des degrés différents d'inhibition émotionnelle selon la propre histoire des parents !
Mais que deviennent les émotions non exprimées en leur temps ?
Eh bien elles ne meurent pas, elles restent enfouies comme une force vive, une bombe à retardement ! Elles vont trouver une échappatoire grâce à un déplacement des affects douloureux sur toute autre personne ou situation que celles qui en sont la cause !
C'est ce qui se produit dans les conflits de couple par exemple ! Lieu par excellence pour nous défouler de nos blessures infantiles — non reconnues — de façon tout à fait inappropriée : reproches virulents, colère excessive, menaces, détresse…
Lorsqu'elle a eu beaucoup de frustrations — affectives et de valorisation — une personne devenue adulte a plus de force donc elle va être dans l'exigence que l'autre lui donne ce qu'elle n'a pas reçu en son temps !
Mais ce ne sera jamais assez de toute façon ! Car tant que les peurs d'enfants ne sont pas reconnues elles sont toujours opérantes et ne peuvent nous permettre de profiter librement et de façon paisible de notre vie d'adulte ! D'autant qu'il y a souvent une interaction de problématiques entre les 2 personnes du couple : une qui prend sa revanche de façon agressive sans scrupule et l'autre trop respectueuse et tolérante qui essaie d'arrondir les angles. Une qui ne doute pas de la légitimité de ses exigences. L'autre qui a toujours tendance à se sentir coupable de quelque chose ! Ce qui entretient les peurs infantiles de chacun !
Nous avons donc deux enfants qui croient être adultes mais ne le sont pas tout à fait ! Socialement peut-être… Mais intimement non !
Comment cela pourrait-il fonctionner ? Deux enfants ne peuvent pas vivre en couple ! Ça peut fonctionner pendant un temps parce que l'un est soumis… Ou qu'il espère un changement…
En tout cas, sans prise de conscience, nous ne pouvons nous libérer de façon durable de nos blessures infantiles !
Le psychanalyste, de par son intérêt pour ce qui se cache derrière les apparences, n'est pas dupe et entend ce qui n'est pas dit !
Il ressent les blessures de l'enfant dans l'adulte et peut donc l'amener progressivement à en prendre conscience et à libérer les émotions retenues en leur temps, faute d'un environnement qui n'a pas favorisé leur expression !
Agir sur le présent sans connaître l'histoire de quelqu'un, son “drame”, ne peut donner des résultats durables car l'inconscient est tenace et sa force impressionnante donc il reviendra toujours à la charge d'une façon ou d'une autre : symptômes, dépression, manque de confiance en soi, masquée parfois par une attitude tyrannique ! … Si l'on ne va pas à la “racine du mal”, si on ne touche pas le cœur du problème fondamental de la personne on ne l'aidera pas à s'en libérer.
Comme le dit Julia Kristeva (psychanalyste) : “Il ne s'agit plus, avec la psychanalyse, d'endormir la souffrance, mais d'éveiller à “sa vérité” !"
Mais cela fait peur !
Et c'est un tort car en retenant ce qui fait mal on se prive aussi des bonnes choses de la vie ! On n'est pas libre ! En outre, c'est épuisant de lutter contre soi-même !
En s'intéressant à l'histoire de la personne le psychanalyste ouvre des portes fermées depuis longtemps, non par choix, mais par impossibilité !
Il va chercher l'enfant qui se cache derrière l'adulte raisonnable !
Beaucoup de personnes ignorent que c'est leur enfant intérieur qui mène leur vie !
En effet, les peurs non reconnues amènent à de fausses motivations ! “J'ai envie, j'ai pas envie” un terme fourre-tout qui masque bien souvent : j'ai peur !
Le psychanalyste qui a la connaissance, de par sa propre expérience de ce que “le jeu cache de je” va aider la personne à oser de plus en plus une vraie parole, et une spontanéité émotionnelle. Car il n'y a plus de danger ! Elle ne sera pas jugée, bien au contraire elle sera comprise dans son drame d'enfant, accompagnée, réconfortée… Ainsi, elle aura la force d'affronter ses émotions douloureuses car elle se sent en confiance, ce qui lui a manqué pendant le temps de sa construction, et elle ne se sent plus désespérément seule !
Mettre l'accent et se focaliser sur les problèmes actuels est souvent une voie sans issue car on peut dire que c'est “l'arbre qui cache la forêt”!
Le symptôme — physique ou psychologique — est une expression déguisée : il faut donc s'intéresser à ce qui se cache derrière !
Lorsque je suis allée chez le psychanalyste qui m'a sauvé la vie, j'avais 30 ans et de l'asthme depuis mes premiers mois dont aucun médecin ne venait à bout malgré leurs certitudes !
Au bout de quelques mois seulement ce symptôme a disparu car j'avais trouvé quelqu'un qui me comprenait enfin et me permettait de parler, et m'y incitait même !
Il m'a fallu de nombreuses années pour émerger de l'inhibition que cachait ce symptôme. Mais il ne peut y avoir de méthode rapide ! Oui, la reconstruction peut prendre du temps, mais elle est irréversible car en partant de quelque chose de vrai : mes ressentis jusqu'alors refoulés — je marche de plus en plus sur un terrain solide.
Je me reconnecte à moi-même !
Par la suite les problèmes d'adultes ne seront pas du tout de la même intensité !
Lorsque la souffrance est excessive c'est que c'est l'enfant qui s'exprime !
Il y a beaucoup de cas de figure, d'intensité variable selon le degré de frustrations psycho-affectives accumulées pendant le temps de la construction !
Certaines personnes souffrent clairement, d'autres se déchargent de leur souffrance sur les autres en les accusant et en exigeant d’eux qu’ils s’adaptent, telle une bonne mère, à leurs besoins infantiles non reconnus.
Besoins qu’ils ont alors érigé en justification rigide de leur mode de fonctionnement !
La psychanalyse est un merveilleux outil de libération, pas assez utilisé car elle est victime de beaucoup de préjugés, et que nous vivons dans une société qui ne met pas en avant l'importance de la vie intérieure, du grand intérêt de s'en occuper !
Au contraire, l'obsession et la préoccupation sont de faire taire les symptômes, qu'ils soient d'ordre physique ou psychologique, de façon brutale, par la chimie ou des injonctions intellectuelles complètement inefficaces sur du long terme !
Le psychanalyste, lui, n'a pas peur des symptômes car il sait qu'ils sont un langage à décrypter… Il a confiance dans une évolution possible et dans les capacités d'une personne qui a certes, besoin d'être aidée mais pas d’être endormie encore un peu plus !
Au contraire : la psychanalyse aide au réveil du Vrai Moi et à sa consolidation ! Alors en accord profond avec moi-même je n'ai plus peur du pouvoir des autres car j'ai récupéré ma propre puissance : Je ne suis plus démunie et la proie des aléas de la vie ! Certes tout ne dépend pas de moi et je pourrai souffrir d'injustices… Mais en ne me remettant pas en cause comme un enfant pris en faute je ne serai pas détruit car ma vie dépend plus de moi que des autres …
Je peux désormais exister sans l'approbation de ceux qui ne sont pas capables de me la donner pour des raisons qui leur appartiennent !
La Psychanalyse a été accusée d'être dangereuse, or ce qui est dangereux, c'est l'ignorance : si je ne suis pas capable de me comprendre je suis en grand danger car je ne serai jamais en mesure de me faire confiance et je risque bien de l'accorder à n'importe quelle personne… Inconsciente !
Et de me laisser ainsi définir par l'Autre ! La psychanalyse fait peur car la vérité fait peur ! Elle demande d’avoir du courage et de prendre des risques !
Fuir est plus facile — dans l'immédiat, mais jamais à long terme !- Car il ne faut pas oublier cette réalité : l'Inconscient est tenace !
Être compris étant l'un des besoins fondamentaux de l'être humain, c'est une chance que la psychanalyse existe !
Bien sûr, il faut trouver un psychanalyste avec qui vous vous sentez à l'aise. Cela suppose qu'il ne fasse pas que vous écouter, qu'il parle lui aussi, qu'il se comporte de façon simple et humaine sans quoi vous serez toujours intimidé et vous ne pourrez pas vraiment vous libérer. Tout au plus avoir compris intellectuellement les causes de vos problèmes.
Mais ceci ne guérit pas !
Ce qui guérit c'est de faire une expérience émotionnelle pour récupérer la totalité de votre capacité existentielle ! Ce qui guérit c’est d’avoir la liberté d’être soi-même et de constater qu’on peut-être aimé pour ce qu’on est ! Qu’on peut prendre le risque de déplaire sans être détruit. Comme le dit Nancy Hutson : “la Catastrophe a eu lieu dans l'enfance, le reste c'est du gâteau !”
Le psychanalyste sait que les difficultés de son patient sont liées à son histoire infantile même si ce dernier peut affirmer au début qu'il a eu une enfance heureuse ! Il convient donc de retourner la visiter et de l'appréhender avec un autre regard.
Se comprendre soi-même est la condition d'une liberté intérieure, indispensable pour être vraiment fort et non rigide !
La psychanalyse est un merveilleux outil de libération et d'épanouissement personnel, encore très mal connu et si peu utilisé !
Son principe fondamental est que l'enfance nous conditionne, pour le meilleur et pour le pire ! Mais que la plupart l'ignore : C'est ce qui est inconscient !
Les clés de la connaissance sont en chacun de nous. Mais pour aller la chercher nous avons besoin d'une personne éclairée qui nous guide sur notre chemin ! Une personne qui ne soit pas dupe du refoulement, capable de nous aider à ne plus être étranger à nous-mêmes !
Si je reprends mon exemple : les médecins avaient des réponses toutes faites pour expliquer les causes de mon asthme et comme ils oubliaient de me poser la moindre question je ne pouvais pas exister plus qu'avec mes parents !
Mon psychanalyste m'a donné ce dont j'avais besoin pour ne plus avoir d'asthme : la compréhension !
C’est toute la différence !
Les uns m’enfonçaient encore plus parce qu'ils étaient ignorants des besoins fondamentaux de l'être humain et de ses conséquences lorsqu'on n'y répond pas.
L'autre avait cette connaissance et m'a mise en confiance pour que je puisse m'exprimer et… Respirer !
Il en va de même pour de nombreux problèmes, que ni les personnes qui en souffrent, ni ceux qui croient qu'ils peuvent y remédier n'en viennent à bout !
Parce qu'on ne peut plaquer des connaissances théoriques et une méthode généralisable sur une personne (à part pour quelque chose d'accidentel !)
C'est la personne qui sait ! Mais elle a besoin de soutien pour assumer cette connaissance.
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